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Un membre du clan Desmarais tire à boulets rouges sur Justin Trudeau

Paul Desmarais III critique les politiques économiques du gouvernement libéral

Paul Desmarais III
Photo d'archives Paul Desmarais III est premier v.-p. chez Power Corporation et PDG de Sagard, une filiale du conglomérat québécois.

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L’un des hauts dirigeants de Power Corporation, Paul Desmarais III, a lancé un pavé dans la mare, mercredi, en s’en prenant au premier ministre Justin Trudeau dans un message d’une rare virulence qu’il a toutefois rapidement supprimé.

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« Le gouvernement Trudeau a choisi une voie où personne ne gagne parce que ce qui leur importe, c’est que personne ne gagne (ils veulent de la fraternité au détriment des occasions, de la prospérité et d’un Canada plus fort – les plus grandes victimes sont les petites entreprises », a écrit M. Desmarais sur LinkedIn en incluant un lien vers la promesse électorale des libéraux d’augmenter l’impôt des grandes banques et sociétés d’assurance.

« Pourquoi imposer les institutions financières différemment des autres [entreprises] ? Nous avons des champions canadiens dans ce secteur. Plusieurs autres secteurs paient des impôts limités (et reçoivent des subventions) tout en créant relativement peu de valeur au Canada. Nous avons deux grandes industries cotées en Bourse au Canada : l’énergie et les matériaux – les libéraux les ont tuées dans les dernières années et les institutions financières – il semble qu’ils s’en prennent à elles maintenant. Pas étonnant que notre économie souffre. Allez voter ! (Même si vous êtes un libéral puisque voter est la meilleure façon d’exprimer la colère) », a-t-il ajouté.

Étonnant

Le professeur Daniel Béland, directeur de l’Institut d’études canadiennes de McGill, s’est dit « surpris » par la sortie de Paul Desmarais III. « Ce sont des gens d’affaires, donc ils pensent à leurs intérêts et comme on le voit dans les dons aux partis, même si on associe la famille Desmarais aux libéraux, ils sont quand même assez prudents, a-t-il observé. D’ailleurs, c’est peut-être pour ça que M. Desmarais a décidé de retirer son message. »

De 2004 à 2015, les Desmarais ont donné environ 190 000 $ aux libéraux et 100 000 $ aux conservateurs, selon le Globe and Mail. Mais depuis 2019, seul André Desmarais a donné aux libéraux, les autres membres de la famille ayant exclusivement appuyé les conservateurs.

  • Écoutez la chronique économique d'Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio: 

« Maintenant que les conservateurs sont en avance dans les sondages, peut-être que les gens d’affaires ont moins peur de parler parce qu’ils se disent que c’est une alternative potentielle à Trudeau. Est-ce une tendance ou juste un cas isolé de quelqu’un qui s’est ouvert la gueule et qui l’a regretté ? Mais c’est sûr que les libéraux doivent faire attention », a affirmé M. Béland.

Rappelons que le mois dernier, Le Journal a révélé que Pierre Beaudoin, administrateur de Bombardier et de Power Corporation, a invité le chef conservateur, Erin O’Toole, à sa maison des Cantons-de-l’Est.

Sur LinkedIn, M. Desmarais n’en était pas à sa première salve contre les libéraux. Il y a un peu plus d’une semaine, il a qualifié de « mauvais comportement, encore » la prétendue altération d’une vidéo de M. O’Toole par des proches de la ministre des Finances, Chrystia Freeland.

Ni Paul Desmarais III, ni Power Corporation, ni le Parti libéral n’ont répondu au Journal, hier. L’Association des banquiers canadiens et l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes ont quant à elles refusé de commenter l’intervention de M. Desmarais.

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