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Comment va l’économie du Québec?

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Bonne nouvelle pour le gouvernement de François Legault en cette année préélectorale. Si la tendance de la reprise économique se maintient, le Québec devrait afficher cette année la plus forte croissance de toutes les provinces.

Des économistes s’attendent à ce que le PIB nominal (croissance réelle + inflation) de la province grimpe de 10,8 % (Desjardins) à 11,4 % (Banque Nationale). C’est de 4,8 à 5,4 points de pourcentage de plus que les prévisions économiques effectuées dans le budget 2021-22 de mars dernier du ministre québécois des Finances, Eric Girard.

Avec une telle croissance, le gouvernement Legault devrait boucler le présent exercice financier avec un déficit (avant versement au Fonds des générations) nettement inférieur aux 9,2 milliards de dollars prévus en mars dernier.

Évidemment, plus la croissance est forte, plus les recettes fiscales (taxes et impôts), au grand bonheur de l’argentier du gouvernement, seront élevées ! 

  • Écoutez la chronique de Michel Girard sur QUB radio:

REPRISE INÉGALE

Par rapport au début de la pandémie en mars 2020 et à la crise qu’elle a générée, personne ne sera surpris d’apprendre que la reprise économique s’est effectuée de façon inégale parmi les 20 secteurs de l’économie québécoise. 

Selon les données économiques les plus récentes de Statistique Québec, celles de mai 2021, près de la moitié des secteurs économiques, soit 9 sur 20, avaient réussi à récupérer leurs pertes et même à bondir au-dessus de leurs niveaux respectifs de février 2020, juste avant le déclenchement de la pandémie.

Les secteurs « prospères » sont : la construction, le commerce de gros, le commerce de détail, celui de la finance et des assurances, les services professionnels (scientifiques et techniques), le secteur de la santé et assistance sociale, les administrations publiques (fédérale, provinciale, municipale), le secteur primaire non minier et celui des services au public.

Au nombre des secteurs qui restent grandement éclopés, on retrouve celui des arts, spectacles et loisirs ; le secteur des services d’hébergement et de la restauration ; le transport et l’entreposage ; la gestion de sociétés et d’entreprises ; le secteur des mines et carrières.

Cela dit, les secteurs éclopés ont sans aucun doute effectué du rattrapage depuis mai dernier.

SOLIDE RÉCUPÉRATION D’EMPLOIS

Des 825 900 emplois perdus lors des deux premiers mois de la pandémie de la COVID-19, soit en mars et avril 2020, le Québec a réussi à en récupérer 771 700, selon les données de juillet dernier.

On parle donc d’un taux de récupération de 93,4 %. Il appert qu’on récupérera bientôt la totalité des emplois envolés au commencement de la désastreuse pandémie de COVID-19.

En passant, il y a quatre régions au Québec qui affichaient en juillet dernier un nombre supérieur d’emplois par rapport à février 2020. Il s’agit des régions suivantes : Laval, Laurentides, Bas-Saint-Laurent et Abitibi-Témiscamingue.

À comparer aux autres provinces canadiennes, le Québec présente une très bonne performance sur le marché du travail.

D’ailleurs, cela fait du Québec la province qui affichait à la fin du mois de juillet le plus faible taux de chômage, avec une fiche de 6,1 %. Dans l’ensemble du Canada, le taux de chômage s’élevait à 7,5 %. Et en Ontario, il était de 8,0 %.

Bien que le Québec affiche le plus « faible » taux de chômage au pays, on est encore loin de notre taux record de 4,9 % atteint en février 2020, le mois précédant la pandémie de la COVID-19. 

L’OMBRE AU TABLEAU

La reprise économique pourrait être meilleure si ce n’était du grave problème de pénurie de main-d’œuvre qui force nombre d’entreprises québécoises à fonctionner au ralenti, voire nettement en dessous de leur capacité chez plusieurs d’entre elles.

Au dernier décompte de Statistique Canada, il y avait à la fin du mois de juin dernier quelque 218 600 postes vacants au Québec.

C’est rien de moins que 90 000 postes vacants de plus qu’en février 2020, le mois précédant le début de la crise sanitaire et de la crise économique liées à la pandémie du coronavirus.

Les postes vacants au Québec représentent 26,8 % de tous les emplois vacants au Canada, dépassant ainsi de quatre points de pourcentage le poids du Québec dans le marché canadien de l’emploi.

Comment faire pour réduire le nombre très élevé de postes vacants ? Regardons du côté des chômeurs et aidons-les à se recycler.

Fin juillet, il y avait au Québec 287 500 chômeurs. C’est quand même 68 900 chômeurs de plus que le nombre de postes vacants !

Un portrait de l’emploi au Québec