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Pour une meilleure culture scientifique dans les municipalités

Pour une meilleure culture scientifique dans les municipalités
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Les solutions concrètes pour relever les défis mondiaux comme les changements climatiques, la crise sanitaire ou le vieillissement de la population se développent dans les municipalités, autant sinon plus que dans les grandes organisations internationales. Ce sont elles qui réaménagent leur territoire pour faire face aux inondations à venir, elles qui aident au déploiement de campagnes de vaccination ciblées, elles qui bâtissent un cadre de vie inclusif avec des espaces verts et du transport actif.  

Si les leviers financiers et légaux sont incontournables pour que les municipalités relèvent ces défis, celui de la science et des données probantes l’est tout autant. Les politiques publiques et les grands investissements dans les villes sont d’autant plus efficients qu’ils sont basés sur des informations et des connaissances scientifiques. 

C’est pourquoi, à l’aube des élections municipales, j’en appelle aux villes et à l’ensemble des acteurs municipaux afin qu’ils prennent la mesure de l’importance des expertises scientifiques et des données probantes dans leur prise de décision. 

Un réflexe à développer

J’en appelle ici au développement d’une meilleure culture scientifique dans les municipalités et l’ensemble des instances décisionnelles locales, afin qu’elles s’approprient les connaissances scientifiques à leur avantage. En établissant une relation durable avec le milieu de la recherche, elles y trouveront bien plus que des solutions à leurs problèmes : elles en retireront une plus grande résilience face aux crises, et se démarqueront pour un Québec plus ambitieux. 

Les municipalités peuvent explorer plusieurs pistes pour établir un réflexe scientifique au sein de leur administration, dont certaines requièrent peu de ressources. 

Pourquoi ne pas inviter des chercheurs et chercheuses à échanger régulièrement avec les élus municipaux sur des enjeux comme l’itinérance, l’urbanisme tactique, ou la gestion des matières résiduelles, à l’image de ce que mon bureau organise avec la Ville de Montréal ? 

Pourquoi ne pas établir un conseil scientifique avec des chercheurs et chercheuses de la région, ou nommer un conseiller scientifique en chef, comme l’a fait Victoriaville ? 

Une période charnière

Il y a aussi des occasions à saisir pour intégrer dans les administrations municipales des personnes titulaires d’un doctorat qui seront familières avec la littérature scientifique, ou encore d’intégrer des équipes de recherche à des projets via le programme Visage municipal des Fonds de recherche du Québec... Voire de transformer durablement le paysage économique d’une municipalité avec les zones d’innovation ! 

Nous traversons une période charnière pendant laquelle l’information scientifique n’aura jamais été aussi importante pour prendre des décisions plus éclairées. 

J’y travaille depuis maintenant 10 ans à titre de scientifique en chef du Québec, et cette expérience est à la disposition des municipalités qui souhaitent renforcer leur réflexe scientifique, que ce soit via mon bureau ou des collaborateurs comme le Collaboratoire Uni-Cité qui a le mandat spécifique de favoriser les maillages entre science et politiques publiques urbaines. 

Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec, nouveau président du Réseau international en conseil scientifique aux gouvernements (INGSA)

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