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Pourtant, ce n'est pas de l'argent de Monopoly

Élections fédérales 2021
Photo Martin Chevalier L’explosion de la dette du Canada est tombée dans l’oubli le temps d’une belle campagne électorale.

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La pandémie a amoché radicalement les finances publiques du Canada. Oubliez les déficits modérés de Justin Trudeau : la situation s’est transformée en débâcle. Or, dans cette campagne, cela ne semble inquiéter personne. Des promesses, des milliards, les partis qui se relancent pour promettre plus que l’autre, on dirait qu’on parle d’un pays en surplus budgétaire.

Je lance quelques chiffres.

Un déficit de plus de 350 milliards en une seule année. Pour donner une idée, le record précédent était de 55 milliards après la crise financière de 2008.

La dette du Canada est repartie en hausse vertigineuse. Le budget fédéral déposé au printemps prévoyait y ajouter 700 milliards d’ici 2026.

Le Canada est une fédération. Il faut inclure les emprunts des provinces pour avoir un portrait complet. Sur une courte période, entre 2000 et 2024, le gouvernement fédéral et les provinces ajouteront ensemble près de 1000 milliards à notre endettement.

Le Directeur parlementaire du budget estime que selon la trajectoire actuelle, un retour à l’équilibre budgétaire ne surviendra pas avant... 2070 !!!

Et devinez quoi ? Tous ces chiffres étourdissants ne tiennent pas compte des dizaines de milliards de nouvelles promesses qui ont été ajoutées durant la campagne électorale en cours.

Trop gros pour être tangible ?

Il me semble que dans une famille qui aurait été frappée par un désastre financier l’an dernier, on aurait la sagesse de se modérer, le temps de se remettre à flot. Mais pas au gouvernement ! On vit cette campagne comme si l’hécatombe financière causée par la pandémie n’avait jamais existé.

En fait, j’ai comme l’impression qu’un déficit dans les centaines de milliards, c’est tellement gros que ça devient de l’argent de Monopoly. Même chose pour une dette qui ne se compte plus en milliards, mais en billion. Démesurés pour notre imagination, les chiffres deviennent irréels.

Pourtant, ces montants représentent bien du vrai argent. De vrais chèques de PCU et des subventions de toutes sortes, additionnés à la fin de l’année. Et le remboursement se fera avec du vrai argent, à coup de hausses d’impôts et de taxes dans le futur (ça, on oublie de le mentionner en campagne électorale).

Le torrent de dépenses gouvernementales

Tous ceux qui trouvent ce débat sur les finances publiques trop théorique devraient s’arrêter sur quelques faits bien terre à terre.

Les déficits représentent des taxes futures que vous-même ou vos descendants devrez bien payer un jour.

Les intérêts sur la dette doivent être payés chaque année. Les taux d’intérêt ne peuvent pas être plus bas, ils ne peuvent que monter dans les années à venir. Payer plus d’intérêt sur une dette signifie avoir une plus grande part de nos impôts et taxes qui ne nous revient pas sous forme de services.

Et finalement, nous sommes en train de constater que des gouvernements qui déversent démesurément de l’argent dans le système créent de l’inflation. La hausse du coût de la vie nous rattrape.

Pardonnez-moi cette chronique qui ne fait pas rêver.