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Retour de la lutte avec un p’tit nouveau

Le premier grand gala de lutte montréalais depuis le début de la pandémie de COVID-19 a lieu ce soir

GEN - LUTTEUR ZAK HÉBERT
Photo Martin Alarie Le jeune lutteur Zak Hebert, qui commence sa carrière à 21 ans, projette un partenaire d’entraînement au sol.

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À l’intérieur de Montréal, le journaliste Louis-Philippe Messier se déplace surtout à la course, son bureau dans son sac à dos, à l’affût de sujets et de gens fascinants. Il parle à tout le monde et s’intéresse à tous les milieux dans cette chronique urbaine. 


Dans un hangar industriel de Montréal-Nord, mardi soir dernier, ça hurle de rage. Des bruits fracassants et des insultes retentissent... puis le chorégraphe claque des doigts : silence. Les lutteurs écoutent leur metteur en scène.

J’entends souvent des gens se moquer de l’appellation « lutte professionnelle » pour désigner le sport-spectacle que nos cousins français appellent catch.

Les lutteurs que j’ai vus à l’entraînement ont forcé mon admiration par leur professionnalisme.
Photo Martin Alarie
Les lutteurs que j’ai vus à l’entraînement ont forcé mon admiration par leur professionnalisme.

Pourtant, s’il y a une chose qui ne fait pas de doute dans le hangar-école de la fédération montréalaise International Wrestling Syndicate (IWS), c’est le professionnalisme... à commencer par celui du professeur. 

Speedball Mike Bailey, qui a beaucoup lutté au Japon avant l’épidémie, fait penser à une sorte d’Édouard Lock de la lutte. Son obsession : le rythme et le synchronisme. 

Son pseudonyme d’artiste dissimule un vrai nom typique du Québécois né en 1990 : Émile Charles Baillargeon-Laberge.

Les lutteurs de l’International Wrestling Syndicate écoutent attentivement les conseils de leur entraîneur, Émile Charles Baillargeon-Laberge.
Photo Martin Alarie
Les lutteurs de l’International Wrestling Syndicate écoutent attentivement les conseils de leur entraîneur, Émile Charles Baillargeon-Laberge.

Ses étudiants, pour la plupart déjà des pros, boivent ses paroles. Ils se préparent en vue du premier grand gala de lutte à Montréal depuis mars 2020.

Survie

Pour le grand manitou de l’IWS, Manny Eleftheriou, ce gala est crucial. À défaut de spectacles, sa compagnie a perdu son contrat de télé avec RDS. 

« Des représentants d’un grand réseau mondial seront là pour décider s’ils nous diffusent », m’explique-t-il.

L’homme de 45 ans a perdu son père au printemps. Il a presque perdu sa compagnie de lutte qu’il a gardée à flot en travaillant dans un entrepôt.

« Même si mon public est limité au quart et si je paie des employés de plus pour contrôler le passeport vaccinal, je suis fou de joie », confie M. Eleftheriou.

La joie de remonter dans l’arène était aussi évidente chez les lutteurs que je suis allé voir s’entraîner. C’était contagieux. 

Tout le monde avait le sourire même le photographe et moi.

Une nouvelle étoile

Parmi les lutteurs qui reçoivent les conseils d’Émile, il y a Zak Hebert, 21 ans, le cadet de l’IWS. Pendant la pandémie, il s’est musclé pour entamer sa carrière professionnelle... et c’est aujourd’hui que ça commence à Montréal pour le jeune colosse de 6 pieds 230 livres à la gueule de chanteur de boys band.

« J’ai fait du théâtre tout mon secondaire pour être bon acteur, j’ai pratiqué la lutte olympique et le culturisme », m’explique celui qui affectionne les rôles de méchants arrogants.  

Zak est tombé dans la lutte étant petit. Son père Bertrand Hébert a écrit ou coécrit plusieurs livres sur le sujet. Son plus récent, Le Géant Ferré : la huitième merveille du monde, est un succès de librairie. 

« Il y a plus de Québécois que jamais dans les ligues majeures : Kevin Owens et Sami Zayn dans la WWE, Stu Grayson et Evil Uno Matt Lee et Jeff Parker dans la AEW », m’explique M. Hébert, qui croit dans les chances de son fils.

« Samedi, si j’arrache par surprise la ceinture de champion canadien à mon adversaire (Kevin Blanchard), ma carrière sera lancée », espère Zak qui luttera sous le pseudonyme Zak Patterson, en hommage à Pat Patterson, une légende de la lutte dont son père Bertrand a écrit la biographie. 


♦ La soirée débute à 20 h au M Telus.