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Les libéraux obligeraient le rachat d’armes d’assaut

Les libéraux obligeraient le rachat d’armes d’assaut
POOL / Martin Chevalier / JdeM

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Les libéraux lancent une salve de publicités contre les conservateurs, espérant renverser la vapeur après la remontée de ces derniers dans les sondages, à trois semaines du jour du scrutin.

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Les libéraux ont annoncé une série de mesures pour durcir les lois encadrant les armes à feu, notamment. Parmi celles-ci, ils veulent rendre obligatoire le programme de rachat d’armes d’assaut qui doit entrer en vigueur l’année prochaine en vertu du décret de 2020.

Réunis dans un parc montréalais, les députés Rachel Bendayan et Pablo Rodriguez ont aussi annoncé l’intention du Parti libéral de durcir les peines pour les trafiquants d’armes, faisant passer celles-ci de 10 à 14 ans.

M. Rodriguez a promis d’accorder aux provinces une enveloppe totalisant 1 milliard$ pour les aider à contrer le marché des armes de poing, une compétence qu’a réclamée de manière unanime l’Assemblée nationale, plus tôt cette année.

La conférence de presse a été ponctuée d’attaques contre Erin O’Toole et les conservateurs, dont la position en apparence contradictoire sur les armes d’assaut suscite de vives critiques de toutes parts depuis vendredi.

Samedi, M. O’Toole a accusé les libéraux de recourir à des «attaques de style américain».

«On doit avoir une approche claire sur les armes à feu et nos règles, parce que nos règles sont totalement différentes de celles des Américains. Et malheureusement, M. Trudeau a utilisé les attaques de style américain pendant cette campagne. C’est inacceptable. On va maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut et on va avoir une revue publique et transparente sur notre système de classification», a-t-il lancé, en marge d’un point de presse sur la COVID-19, à Vancouver.

M. O’Toole a manifesté à plusieurs reprises son intention de maintenir l’interdiction des armes d’assaut. Or, la plateforme conservatrice affirme que le parti souhaite abroger le décret de 2020, qui interdit 1500 armes «de style» armes d’assaut.

«Il tente maintenant de jouer sur les mots en suggérant qu’il parlait des armes entièrement automatiques [...], mais la question du débat portait clairement sur les 1500 modèles d’armes d’assaut que nous avons interdit en 2020», a lancé la Mme Bendayan, élue dans Outremont.

Ces armes sont déjà interdites en vertu du décret, mais jusqu’ici, le programme de rachat tel que promis au départ n’avait pas l’intention d’imposer le rachat aux propriétaires, même s’ils n’avaient plus le droit d’en acheter, d’en vendre ou d’en faire usage.

De passage à Chibougamau samedi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a «invité» Erin O’Toole à «faire preuve de clarté, parce que l’enjeu des armes à feu est en train de devenir, pour M. O’Toole, ce que celui de l’avortement a été pour M. Scheer».

Il a noté que son parti a toujours soutenu le rachat obligatoire.

M. Blanchet a, par ailleurs, souligné l’attentat visant Pauline Marois au Métropolis de Montréal qui avait fait un mort, il y a neuf ans jour pour jour.

Salve de publicités contre les conservateurs

Signe que les libéraux veulent capitaliser sur la question, le parti a lancé, samedi, une salve de publicités contre les conservateurs, espérant renverser la vapeur après la remontée de ces derniers dans les sondages, à trois semaines du jour du scrutin.

Les Canadiens pourront visionner sur leurs écrans trois nouvelles publicités négatives d’une trentaine de secondes mettant en vedette le chef Erin O’Toole accompagné de l’avertissement selon lequel il voudrait faire «reculer le Canada» («take Canada backward»), par opposition au slogan libéral, «Avançons ensemble».

Le Parti libéral souhaite notamment surfer sur la contradiction apparente dans les déclarations de M. O’Toole et celles sur sa plateforme au sujet de l’interdiction des armes d’assaut, qui a refait surface depuis le Face-à-face de TVA.

Ces publicités ne seront diffusées qu’en anglais pour l’instant.

Comme avancé par de multiples sondages depuis le début des élections, la baisse des appuis pour les libéraux de Justin Trudeau est surtout notable dans les provinces anglophones, particulièrement en Colombie-Britannique et dans les provinces de l’Atlantique.

Au Québec, l’appui pour les libéraux semble plutôt stable, alors que se dessine dans une poignée de circonscriptions une lutte à trois entre le Parti libéral, le Bloc québécois et le Parti conservateur.

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