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Campagne électorale sur fond de grande misère humaine

Downtown eastside, Jenny Kwan
Photo Guillaume St-Pierre Jenny Kwan
Députée sortante

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VANCOUVER | C’est sur fond de crises de la toxicomanie et du logement que se jouent en bonne partie les élections fédérales dans les circonscriptions de Vancouver-Centre et Vancouver-Est.

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Au centre-ville, la libérale Hedy Fry défend ce bastion rouge depuis 1993. À l’est, Jenny Kwan occupe le château fort du NPD depuis six ans. 

Toutes les deux possèdent une longue feuille de route en matière de lutte à la marginalisation des toxicomanes.  

La longévité, un avantage ? 

Leurs adversaires pensent pouvoir retourner contre elles l’avantage perçu de leur longévité.  

« On ne la voit pas beaucoup dans la circonscription, soutient le néo-démocrate Breen Ouellette. Ce que j’entends dans la rue, c’est que Hedy Fry n’en fait tout simplement plus assez. » 

Le message du libéral dans Vancouver-Est, Josh Vander Vies, est similaire au sien.  

« Le bilan de Mme Kwan n’est vraiment pas clair », dit l’avocat et ex-paralympien dans un français impeccable.  

En filigrane, deux visions s’affrontent en cette année électorale : le pragmatisme libéral et le militantisme néo-démocrate.  

La décriminalisation de toutes les drogues, que soutient le NPD contrairement au PLC, constitue la principale pomme de discorde.  

« Le NPD pense toujours qu’ils peuvent passer par-dessus les provinces et les villes pour mettre en place leurs idées. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, il faut créer des partenariats », défend Hedy Fry, qui vient de souffler 80 bougies. 

Fini les petits pas

La médecin devenue politicienne pointe vers le projet pilote qui sera bientôt mis en branle pour décriminaliser la possession simple de toutes les drogues à Vancouver.  

« Le temps des petits pas et des projets pilotes est révolu ! » gronde Breen Ouellette, un avocat d’origine métis.  

« C’est un bon départ, mais ce n’est pas assez ! déplore quant à elle Jenny Kwan. Il faut décréter l’état d’urgence nationale. Ça prend un vrai leadership fédéral. Toutes les régions du pays sont concernées. » 

Sarah Blyth, elle-même toxicomane sobre depuis 25 ans, ne veut qu’une chose : que tous rament dans la même direction. 

« Ça ne devrait pas être un enjeu politique. Nous avons besoin de l’aide de tout le monde. Les gens meurent à un rythme effréné. Ils méritent toute notre compassion. »

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