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Intuable boxe

Intuable boxe

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Débattez, avancez tous les arguments favorables ou contre, vous arriverez à la même désolante et déchirante conclusion.

Une enfant est morte. Une petite fille de 18 ans n’a pas survécu à un knock-out qui est bel et bien permis et même souhaité dans un sport vieux comme le monde : se battre à coups de poing sur la tête. Au corps aussi, bien sûr, mais le show, c’est l’arcade qui saigne, la babine enflée et le nez écrapouti. Le spectacle, c’est aussi le corps qui s’effondre dramatiquement parce que la tête ne répond plus. Y a-t-il un autre sport où les belligérants s’approchent aussi près du cerveau de leur opposant avec leurs mains, leurs mitaines, leur haine ?

J’ai fait de la boxe pendant quelques mois de mon adolescence et je n’oublierai jamais toutes les sensations très fortes ressenties. La joie, la peur, la rage, la rancœur, la douleur et, secrètement, la honte. Celle d’avoir abusé de la faiblesse d’un rival, celle de m’être réjoui de la souffrance d’un adversaire, celle de frapper quelqu’un qui ne m’avait rien fait. Celle de m’adonner à un jeu bestial, sanguinaire, barbare jugé très sévèrement par des amis plus hip, poteux, peace and love. Pourtant, je retournais au gym.

Il est là le problème. La boxe est une drogue gravée dans l’histoire, dans les folies de la société. Dans nos mœurs, la boxe n’est jamais knockoutée.

On est là

Sous le regard du monde entier, ce sport s’est traîné dans les bas-fonds, dans la boue, dans les mains des mafias, pègres et bandits. Il renaît toujours. Il revient avec des promesses, des intentions nouvelles et des encadrements plus sévères, et il repart. La boxe a ses excuses, ses explications brillantes ou ridicules, mais elle ressuscite, et toujours. Ce sera encore et encore comme ça pour ce sport qui est probablement le plus durable de la planète. On lui apporte des variantes, mais le combat à coups de poing sur la gueule a toujours été, et ni vous ni moi n’en verrons la fin. Les disciples peuvent en crever, mais la boxe elle-même ne meurt jamais. La boxe a ses dépendants, et ils sont nombreux. Ils viennent de tous les milieux et ils sont prêts à payer cher pour voir quelqu’un se faire casser la figure, se faire tapocher.

Ceux qui étaient là le soir de Cleveland Denny vous le diront encore aujourd’hui avec fierté et sans aucune envie de pleurer : « J’étais là. » Ceux qui ont assisté à la volée encaissée par Adonis vous diront aussi qu’ils étaient dans le show.

Bientôt, bien sûr, il y aura enquête du coroner, il y aura déclarations de ministres, de connaisseurs, d’offensés et, ensuite, qu’est-ce qu’il y aura ? Il y aura d’autres belles soirées de boxe avec des champions, des athlètes en mauvaise forme, des drogués, des phénomènes...

Des millions pour certains, des bourses ridicules pour d’autres. On promotera. Dans le fond, n’essayez surtout pas d’expliquer la boxe, un comportement profondément humain. Casser la gueule à quelqu’un et lui donner la main ensuite.

Mes condoléances. 

De l’enclave 

  • Le tournoi de golf de Jonathan Drouin a rapporté 810 000 $ à la fondation du CHUM, mardi dernier au Mirage. À lui seul, l’homme d’affaires et philanthrope Herbert Black a fait un don de 100 000 $.
  • Dans les extrémités de la NHL, il y a le gardien Ben Bishop qui mesure 6 pieds et 7. Il n’y a pas si longtemps, il y avait Darren Pang qui mesure encore 5 pieds et 4. J’aurais aimé en voir un enfiler les jambières de l’autre et vice versa.
  • Vous vous souvenez du gardien Pete Peeters qui a joué à Philadelphie, Boston et Washington dans les années 80 ? Peeters a capturé un esturgeon blanc de plus de 11 pieds et 890 livres en Colombie-Britannique. Il a mis 25 minutes avec une canne et un moulinet à ramener vers la rive le poisson que l’on croit âgé d’environ 100 ans.
  • Connaissez-vous l’histoire de l’encanteur encanté ? C’est Mario Tessier qui est allé donner un coup de main à Rodger dans l’encan à la criée du tournoi Drouin. Voulant faire monter les enchères pour 2 places en première classe d’Air Canada à n’importe quelle destination dans le monde, Mario a lui-même misé 12 000 $. Personne n’a renchéri. Bravo, Mario, c’est pour le CHUM.
  • L’an dernier, les Québécois ont abattu 20 000 orignaux. C’est 8000 de moins qu’il y a dix ans.
  • Je ferai une petite chasse à la perdrix mardi à la réserve Mastigouche. Je me prédis entre 3 et 5 gélinottes. J’ai hâte de marcher dans le bois. On verra.
  • Quand ils étaient coéquipiers à Chicago, Tony Esposito et Denis Savard, incapables de dormir, adoraient faire de grandes marches ensemble l’après-midi des matchs.