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La colère racontée aux enfants: au pays des «Bêtes de la Fureur»

Ariane Hébert
Photo courtoisie Ariane Hébert

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Avec beaucoup d’humour et d’intelligence, la psychologue Ariane Hébert parle de colère aux enfants dans son nouveau conte illustré, La colère racontée aux enfants. Partis en expédition, Margot, Cédric et Frank découvriront d’étonnantes statues représentant les Bêtes de la Fureur. C’est drôle... mais aussi très réaliste ! À travers cette histoire irrésistible, elle explique les mécanismes de cette puissante émotion et les stratégies efficaces pour la « dompter ».

Lorsque ces trois jeunes partent en expédition avec leur moniteur de camp d’été, ils sont loin de se douter qu’ils arriveront en face de l’Ours enragé, du Lapin bougon, du Loup plaignard et du Hérisson effronté. 

De l’autre côté de l’île mystérieuse où ils s’aventurent, les jeunes découvrent aussi les faces cachées de la colère, ces émotions qui se camouflent derrière chaque réaction colérique et dont il faut prendre grand soin.

À la fin de l’histoire, Ariane Hébert propose une section « auto-observation », qui permet de reconnaître les émotions de colère, de les anticiper, de les gérer, de faire des choix constructifs et de se calmer. Elle rappelle que la colère peut faire des dégâts, troubler la paix, faire du mal aux autres et entraîner un sentiment de solitude et d’isolement. Bref, une émotion qui ne règle rien du tout.

La pandémie a-t-elle aiguisé les « Bêtes de la Fureur » chez bien des gens, petits et grands ? « C’est vrai que tout le monde est beaucoup plus à fleur de peau et ça en prend beaucoup moins pour enflammer la situation. Pour passer de 0 à 100, ça n’en prend pas beaucoup... », commente la psychologue.

« J’associe ça beaucoup au stress chronique auquel on est soumis depuis plusieurs mois. C’est comme si on n’a plus d’espace pour absorber des nouvelles imprévisibilités ou des nouvelles irritations. On est à fleur de peau constamment. » 

En plus de noter que la retenue sociale est de moins en moins présente, Ariane Hébert voit des manifestations typiques de la colère régulièrement. 

Elle recommande de faire une chose : s’interroger sur sa colère. « Bien canalisée, c’est une manifestation qui a sa place. Mais questionne ce qui se passe en dedans de toi et demande-toi si c’est la bonne façon de réagir. Est-ce que ta réaction est adéquate ? »

« Quand tu identifies la source de ton sentiment, peut-être qu’il y a une façon beaucoup plus appropriée pour toi d’aller combler ton besoin. »

Prendre un temps d’arrêt

Avec ce livre, la psychologue cherchait à montrer, autant aux enfants qu’aux parents, qu’il faut s’arrêter et se demander d’où vient l’émotion de colère. « Déjà, en prenant ce temps d’arrêt, tu es moins dans la réaction. »

À la fin du livre, elle présente des stratégies pour désamorcer les crises de colère : la respiration, la contraction musculaire, le fait de se retirer et de prendre un temps d’arrêt. 

« L’idée, c’est de faire baisser la colère quand elle est là et bien installée et que l’enfant est super réactif. Mais si on ne réussit qu’à éteindre le feu... le feu est pris quand même ! Après, il y a tout un travail à faire pour enseigner aux enfants à identifier ce qui se passe quand ils sont en colère. » 


♦ Ariane Hébert est psychologue.

♦ Elle a publié plusieurs ouvrages, dont Les émotions racontées aux enfants, L’anxiété racontée aux enfants et Le TDA/H raconté aux enfants.

EXTRAIT 

<b><i>La colère racontée aux enfants</i></b><br/>
Ariane Hébert<br/>
illustré par Jean Morin<br/>
Éditions de Mortagne<br/>
64 pages<br/>
En librairie le 18 août
Photo courtoisie
La colère racontée aux enfants
Ariane Hébert
illustré par Jean Morin
Éditions de Mortagne
64 pages
En librairie le 18 août

« La colère est une émotion légitime qui conduit tout être humain à réagir lorsqu’il fait face à une situation déplaisante à ses yeux. Elle est utile et nécessaire chez l’enfant, puisqu’elle lui permet de s’exprimer et de se défendre contre de possibles dangers. Il ne faut donc pas chercher à l’éliminer, mais plutôt orienter son expression pour qu’elle soit convenable. C’est l’apprentissage ardu qu’aura à faire votre enfant. Dans les moments où il sentira l’émotion l’envahir, vous devrez lui rappeler les comportements acceptables, les perceptions positives et les stratégies de retour au calme. »