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Le grand brouillard des armes à feu

ELEC-DEBAT-CHEFS
Captures d’écran, TVA Nouvelles

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Avortement, contrôle des armes à feu, système de santé à deux vitesses. Les libéraux sont passés maîtres dans l’art d’exploiter ces enjeux hautement émotifs pour diaboliser leurs adversaires.  

Le Face-à-Face de jeudi leur a permis de remettre le contrôle des armes à feu à l’avant-plan. 

Comprenez-moi bien. Je suis absolument procontrôle des armes.  

Mais ça ne veut pas dire que les libéraux sont en possession tranquille de la vérité et qu’il soit impossible d’en débattre intelligemment. 

Tristement, on est loin de là.

Les armes d’assaut

À la suite de l’échec cuisant de leur tentative de bannir les armes de style d’assaut sans vraiment les bannir, les libéraux promettent cette fois-ci d’imposer à tous les propriétaires d’armes d’assaut un programme de rachat obligatoire.

On en aurait enfin fini du Ruger Mini-14 de Marc Lépine au Canada. 

Quoi qu’en dise Erin O’Toole, les conservateurs sont contre. C’est écrit noir sur blanc dans leur plateforme.

Or voilà qu’Erin O’Toole veut plaire à tout le monde. Donc, quand il affirme qu’il va respecter l’interdiction des armes d’assaut au pays, il fait référence à une réglementation de 1977 qui interdit les armes d’assaut automatiques. 

Mais les armes « de style » d’assaut, les AR-15 et Ruger Mini semi-automatiques, ça, le Parti conservateur a bien l’intention de les légaliser de nouveau. Le but, bien sûr, c’est d’obscurcir le débat dans l’espoir de s’y soustraire.

De quoi on parle ?

Pour la majorité des électeurs des villes et des banlieues, ceux qui ne chassent pas, qui n’ont jamais manié une arme à feu, il n’y a pas de débat. Ces armes devraient être bannies. 

Mais prenez le temps de parler rationnellement à un chasseur ou un amateur de tir, prenez le temps de lire la montagne de réglementations autour des armes à feu. Vous verrez, c’est loin d’être noir et blanc.

Car au Canada, la presque totalité des armes « de style » d’assaut ne peuvent avoir plus de 5 munitions dans le chargeur, tout comme les fusils de chasse traditionnels. Leur usage est déjà hautement encadré.

Les libéraux font semblant que cette nuance n’existe pas. Ils misent avant tout sur la réaction émotive du public face à ces armes conçues pour la guerre. 

Or leur interdiction est-elle vraiment la meilleure manière d’assurer la sécurité du public ? Les conservateurs plaident que non, Poly se souvient martèle que oui. Personnellement, je l’ignore. 

L’échec du registre des armes à feu fédéral aurait dû nous apprendre que toutes les mesures de contrôle d’armes ne sont pas nécessairement efficaces. Miser sur des interdictions globales quand le cœur du problème repose sur la contrebande semble quelque peu simpliste. 

Une chose est claire. Tant qu’Erin O’Toole occultera ce débat avec des demi-vérités plutôt que d’en faire de la pédagogie, il alimentera la méfiance des électeurs qu’il courtise.

Surtout, en permettant à des candidats de faire campagne aux côtés de groupes proarmes qui comparent les libéraux à des nazis, il abdique toute crédibilité sur ce front.