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L’important ce n’est pas de tomber, mais de se relever

GEN-ATTERRISSAGE-PICHÉ
Capture d’écran, TVA nouvelles Robert Picher en conférence de presse après son exploit.

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Le commandant Robert Piché est fier de la fondation qui porte son nom. 

La Fondation Robert Piché a acquis le bâtiment des Pères blancs d’Afrique, situé dans l’arrondissement de Lennoxville, afin d’y ouvrir un centre thérapeutique pour traiter les troubles liés à la consommation de substances. Le Centre Robert Piché-Elphège Roussel viendra en aide aux personnes ayant développé une dépendance à l’alcool, à la drogue ou au jeu pathologique.


De quel endroit es-tu natif ?

Je suis originaire de Saint-Albert-le-Grand, dans la ville de Québec. À l’âge de 8 ans, mes parents Paul et Estelle Piché, ainsi que mes frères Alain, Pierre, ma sœur Lucie et moi sommes déménagés à Mont-Joli. 


Tu as découvert ta passion pour l’aviation à Mont-Joli. 

J’avais à peine 5 ou 6 ans, je jouais avec mes amis et lorsque j’apercevais un avion atterrir ou décoller de l’aéroport, je laissais mes amis pour observer le vol de l’avion. J’ai eu ma première licence de pilote avec les Cadets de l’air. 


Comment peux-tu me décrire tes parents ?

Mes parents se sont toujours assurés que les enfants ne manquent de rien pour vivre, mais surtout, ils ont partagé leur amour avec nous.


Ta mère était aventurière. 

En 1933, à l’âge de 17 ans, en pleine crise économique, elle a pris le train de Newport situé près de Chandler, pour aller travailler à Montréal. Elle n’est jamais revenue à Newport, sauf pour la période des vacances avec mon père et les enfants.


Les vacances de la famille se sont déroulées ensuite à Newport. 

Nous étions une quarantaine qui nous réunissions durant la période estivale. La parenté qui demeurait à Newport hébergeait tout le monde.  


Comment s’est déroulée ton adolescence ? 

La nouvelle réforme scolaire m’a obligé de sauter ma 4e année pour me retrouver en secondaire 5, à la polyvalente. J’ai joué à la balle-molle, au football, au volleyball. J’étais un bon joueur de hockey, ce qui m’a permis d’être un gars populaire à la polyvalente et au cégep.


Tu te décris comme un gars de la génération « Peace and Love ».

Sans aucun doute, la musique des Beatles et le mouvement « Peace and Love », qui était un envol de la liberté, ont influencé mon adolescence.  


Tu es comblé par le choix de musique de ta fille ?

Imagine-toi qu’elle aime la musique des Beatles ! 


Quels étaient tes emplois de jeunesse à Mont-Joli ?

J’étais préposé au casse-croûte du cinéma, sans oublier que je devais faire l’entretien ménager du cinéma après les films. Mon père était distributeur de l’essence Champlain à une station qui comprenait une roulotte et des pompes à essence. Alors, j’étais aussi pompiste.


Tu aimais voyager avec ton père

Mon père était commis voyageur. J’ai passé tellement de beaux moments en sa compagnie, sans oublier la découverte de beaux hôtels et d’excellents restaurants.


Ton premier appartement. 

J’étais au cégep de Chicoutimi, alors que je partageais un trois et demi avec trois de mes amis. La bataille, c’était pour la chambre à coucher principale.


Tu as utilisé beaucoup la méthode de l’auto-stop pour voyager.

L’auto-stop était mon moyen de voyagement entre ma résidence familiale en Gaspésie et le cégep à Chicoutimi. Les gens ne voulaient pas traverser seuls le parc qui menait au Saguenay.  


Dans ton adolescence tu aimais voyager.

J’ai fait le tour de l’Amérique du Nord en auto-stop avec la modique somme de 40 $ dans mes poches.


L’Expo 67 t’a ouvert les portes du monde du voyage.

Je me vois encore devant le magnifique pavillon de la Thaïlande. Cela m’a incité à faire le tour du monde.


As-tu réalisé ton tour du monde ?

Grâce à mon travail, comme pilote d’avion, mon voyage au tour du monde s’est amorcé en 1973 pour se terminer avec mon voyage en Australie et à Hawaï en 2010. 


Le message de ton père a joué un rôle dans ta vie.

Lorsque je vivais des moments difficiles, il m’a enseigné que l’important ce n’était pas de tomber, mais de se relever. 


Quand as-tu réalisé que tu étais un alcoolique ?

Mon cher Rodger : « Je n’ai jamais réalisé que j’étais devenu un alcoolique, car c’est un problème qui a toujours existé dans mon système immunitaire. J’ai plutôt réalisé que je ne pouvais pas contrôler ma consommation d’alcool ».


L’alcoolisme a toujours fait partie de ta famille.

Mon père était l’un des premiers fondateurs du mouvement des Alcooliques anonymes au Québec. Malheureusement, après 20 ans de sobriété, il a rechuté lorsque ma mère a reçu un diagnostic de cancer. Heureusement, dans mon cas, cela fait plus de 20 ans que je fais partie des Alcooliques anonymes. Cette facette de ma vie me permet de vivre de beaux moments.  


Ton passage en prison t’a permis de survivre dans la vie ?

Aujourd’hui, on révèle quelques moments de ma jeunesse. Cependant, laisse-moi faire juste un petit détour. J’ai été agressé deux fois lors de mon séjour en prison. À chaque fois, je devais me battre seul contre mes agresseurs pour ma survie. N’eût été ces bagarres, je n’aurais jamais survécu au Vol 206, alors que j’ai posé l’avion sur la piste de Lajes, aux Açores. Ces altercations m’avaient permis de ne jamais céder dans l’adversité.  


Es-tu heureux aujourd’hui ?

Je suis choyé de pouvoir compter sur ma conjointe, Régine Lapraye, que j’ai rencontrée lorsqu’elle était agente de bord en France. Il y a des cadeaux du ciel qui éblouissent ma vie chaque jour : ce sont mes enfants.