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Recours collectif pour une panne de serveur web

Des petites entreprises ne peuvent communiquer avec leurs clients

Jonathan Thibeault
Photo Agence QMI, Roger Gagnon Jonathan Thibeault est le représentant du recours collectif.

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Un gîte qui ne reçoit plus de réservations. Une clinique médicale qui ne reçoit plus de courriels. Des dizaines de petites entreprises ont été paralysées par la panne d’un hébergeur web qui fait l’objet d’une demande d’action collective. 

«C’est un cauchemar, lâche Jonathan Thibeault de la compagnie de conception web Oxia Studio. On n’avait vraiment pas besoin de ça.»

Il est le représentant d’une demande d’action collective qui a été déposée au palais de justice de Montréal mercredi contre Web Hosting Canada (WHC), qu’a obtenue Le Journal

Le 28 août, les serveurs de WHC ont connu une panne majeure, faisant planter les pages web de nombreux de ses clients.    

La panne a été causée par les opérations effectuées «sans autorisation» par un «individu d’un fournisseur de service tiers», selon la compagnie. La police a été contactée et une enquête est en cours, a précisé Marie-Ève Petit de WHC.

De son côté, le Service de police de la Ville de Montréal n’a pas confirmé ces informations pour des raisons de confidentialité.

Boum!

«Enfin, on est capables d’accueillir des gens [après les fermetures de la pandémie], et là, boum! Le site plante», témoigne David Mancini, propriétaire du gîte TerreCiel à Baie-Saint-Paul.

Son site web et sa boîte courriel ont été inaccessibles pendant cinq jours. Il était donc impossible pour les nouveaux clients d’y faire une réservation et pour les clients qui avaient déjà réservé de le contacter par courriel.

M. Mancini est également sur le conseil d’administration de l’organisme La Kermesse, lui aussi affecté par la panne. Or, il comptait y vendre des centaines de billets pour un concert-bénéfice afin de redistribuer des sous à d’autres organismes du coin.  

À Blainville, la clinique privée Techmedic a dû travailler d’arrache-pied pour récupérer les résultats de dépistage de Covid-19, d’imagerie médicale et d’autres tests afin de ne pas pénaliser ses clients, explique le président Alexandre Lepage.

À Chicoutimi, la boutique de livres universitaires Les Mots Passants ne pouvait toujours pas recevoir de commandes en ligne vendredi, en pleine rentrée.

«C’est comme si on venait de nous enlever six mois de travail. Même si le site revenait dans une semaine, on va avoir perdu nos clients», déplore la propriétaire Valérie Gauthier.

Irrécupérables

Sur son blogue, WHC indique que certains comptes clients semblaient irrécupérables. Environ 60% des données avaient été récupérées en date de vendredi.

«Il y a clairement eu défaut au niveau de la base de données ou un défaut de surveillance», dit Me Jimmy Lambert, l’avocat derrière la requête en justice. 

Dans le document, on reproche à WHC d’avoir été «négligente, imprudente ou insouciante».  

L’ironie, c’est que Jonathan Thibeault avait justement choisie WHC parce que cette entreprise garantissait des sauvegardes automatiques et des services sécuritaires. «Visiblement, ce n’était pas si sécuritaire que ça.»  

Jonathan Thibeault prévoit qu’il devra reconstruire à ses frais les sites web de cinq de ses propres clients qui étaient hébergés sur les serveurs de WHC. Il estime le préjudice subi à 25 500$ plus taxes, peut-on lire dans la requête en justice.

De son côté, WHC assure éprouver «énormément d’empathie» envers ses clients et «travailler sans relâche» à restaurer les sites.  


La demande d’action collective doit encore être approuvée par un juge, mais les clients concernés peuvent déjà s’y inscrire à https://lambertavocatinc.com/recours-collectif-whc