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Des trous imprévus sur le trajet du REM inquiètent

Des trous imprévus sur le trajet du REM inquiètent
Photo d'archives, Agence QMI

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La construction du Réseau express métropolitain a causé pas moins de cinq affaissements dans un parc de l’ouest de Montréal, ce qui fait craindre à des défenseurs de l’environnement des impacts sur l’équilibre de ce fragile milieu naturel.

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« Ce genre d’assaut contre l’écosystème qui entoure le marais, ça ne peut pas continuer », s’alarme Katherine Collin, co-porte-parole du groupe citoyen Technoparc Oiseaux. 

Les affaissements en question ont été causés par les travaux souterrains du tunnelier du Réseau express métropolitain (REM) sous le Technoparc, le « deuxième poumon vert » de la ville, situé près de l’aéroport de Montréal. 

Dix mètres de diamètre

Des promeneurs rapportent que l’un de ces trous béants atteint pratiquement dix mètres de diamètre.

Pour les responsables du REM, les affaissements faisaient partie des risques du projet en raison du sol mixte dans le secteur. 

« On a pris la décision de creuser un tunnel pour éviter de passer en surface à travers les milieux humide et boisé [du Technoparc]. Ça venait avec d’importants défis techniques », admet le porte-parole du REM, Jean-Vincent Lacroix. 

D’ailleurs, un entrepreneur s’affaire ces jours-ci à remblayer « le plus rapidement possible » les affaissements à l’aide d’une grue pour ne pas trop affecter la végétation alentour. 

« Évidemment, on est très sensibles à la situation. On travaille étroitement avec le ministère [de l’Environnement] pour corriger la situation », ajoute M. Lacroix. 

De plus, le tunnelier atteindra le roc dans les prochains jours, ce qui devrait empêcher tout autre problème du genre.

Et les hérons

Mais, au-delà des affaissements, plusieurs membres du groupe Technoparc s’inquiètent de l’assèchement du marais aux hérons situé tout près, convaincus que le chantier du REM y est pour quelque chose. 

« L’eau s’est complètement vidée en l’espace de quelques jours », fait remarquer Benoit Gravel, co-porte-parole de Technoparc Oiseaux. 

Les experts du REM attribuent plutôt ce phénomène au peu de précipitations tombées depuis le début de l’année et nient toute responsabilité. 

« Mais un marais ne devient pas aussi sec en aussi peu de temps, malgré une sécheresse », rétorque Stéphanie Pellerin, spécialiste de l’écologie des milieux humides. 

La professeure associée en sciences biologiques prévient du même souffle que la restauration d’un tel écosystème sera ardue et longue. 

« C’est très difficile de colmater ce genre de brèche, même avec les meilleures méthodes », dit-elle, évoquant les particularités de l’eau et du remblai nécessaires. 

Pour autant, la remise en état de ce secteur du Technoparc est très importante, car les milieux humides se font rares à Montréal, ajoute-t-elle. 

Le ministère de l’Environnement n’avait pas répondu aux questions du Journal hier.

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