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Une haine qui fait brûler des livres pour enfants

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En 642, Omar ibn al-Khattâb aurait fait brûler les livres de la bibliothèque d’Alexandrie parce qu’il jugeait qu’ils étaient impurs si leur contenu n’était pas dans le Coran et inutiles s’il y était, parce que redondant.

En 1933, Hitler a fait brûler des livres écrits par des auteurs juifs, pacifistes ou marxistes pour purifier «l’esprit allemand».

Entre 1966 et 1968, les Gardes rouges chinois, sous les ordres de Mao, ont brûlé les livres anciens et étrangers parce qu’ils étaient rédigés par des auteurs qui n’appartenaient pas aux classes révolutionnaires. 

En 2015, les combattants de l’État islamique, à Mossoul, ont brûlé des milliers de livres des bibliothèques publiques parce qu’ils «appelaient à la désobéissance de Dieu».

En 2019, en Ontario, 5000 livres des bibliothèques pour enfants du Conseil scolaire de la providence ont été brûlés ou enterrés dans le cadre d'une cérémonie de purification par les Gardiens du savoir.

En 2019, au Canada... Radio-Canada vient de nous l’apprendre aujourd’hui. Est-ce que les autorités du Conseil scolaire ontarien qui ont permis ce massacre savent en quelle compagnie historique cet autodafé les place?

Vers le fascisme

Parmi les livres brûlés se trouvent des Tintin, des Astérix, des Lucky Luke, des encyclopédies et même des romans pro-autochtones fondés sur des recherches historiques.

Il est plus que temps de prendre du recul et de constater où mène la glorification aveugle des autochtones: à la censure, à l’ignorance et au fascisme.

Les Gardiens du savoir opposent la tradition orale aux connaissances scientifiques. Comme les islamistes opposent le coran à la science, comme les nazis opposent le racisme à la science, comme les communistes chinois opposent les délires maoïstes à la science.

Les Gardiens du savoir — titre pompeux et dangereusement prétentieux, s’il en est un — n’aiment pas l’image des autochtones que dépeignent certains auteurs. Ils cherchent donc à imposer leur propre vision, au détriment de la vérité. Les talibans, les nazis, les communistes, etc., font la même chose, avec des arguments semblables.

Le problème c'est que cette glorification aveugle des autochtones ne sévit pas que dans les bibliothèques pour enfants: le milieu de la recherche au Canada est de plus en plus soumis aux dictats non scientifiques des traditions orales autochtones. 

Sirène d’alarme

L’autodafé qui vient de se produire en Ontario est une stridente sirène d’alarme. 

Les autorités du Conseil scolaire qui ont accepté cet acte barbare devraient démissionner.

Le Conseil des gardiens du savoir devrait être démantelé ou, à tout le moins, ne pas recevoir un sou de nos impôts.

Quant aux politiciens, ils devraient condamner sans réserve tous les autodafés, y compris celui du Conseil scolaire ontarien.

Puisque nous sommes en période électorale, c'est l'occasion de leur demander leur avis, et l'opportunité pour les électeurs de voter en conséquence.

Extrêmement grave

Ceux qui veulent en savoir plus sur les autodafés devraient lire l’excellent article sur le sujet dans Le Figaro du 3 février 2015, «Mossoul et les grands autodafés de l’Histoire», de Mohammed Aïssaoui. Retenons-en deux citations percutantes.

Celle de François Bœspflug, professeur d’histoire comparée des religions, qui explique que brûler des livres, plutôt que de les jeter à la poubelle, est une façon «de manifester sa haine de la culture». 

Celle de l’écrivain Heinrich Heine: «Là où on brûle des livres, on finit par brûler des hommes.»

Les autodafés sont toujours extrêmement graves. Il est impossible de banaliser ce qui vient de se produire.