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Bilan de 20 ans de guerre à la terreur

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À l’occasion du 20e anniversaire des attaques terroristes du 11 septembre et du lancement par Bush de la guerre contre le terrorisme (War on terror), plusieurs ONG et groupes de surveillance ont publié des évaluations du nombre de civils qui y ont été tués.

Les organisations Airwars, Bureau of Investigative Journalism (BIJ), Cost of War et Iraq Body Count ont fondé leurs analyses sur des informations du domaine public.

Le 11 septembre 2001, 2977 civils américains ont été tués par Al-Qaïda à New York, en Pennsylvanie et en Virginie. Annonçant le début d’un nouveau type de guerre, George W. Bush avertit que « les Américains ne devraient pas s’attendre à une bataille, mais à une longue campagne comme aucune autre que nous ayons jamais vue ».

Les drones, une menace particulière pour les civils

Cette guerre s’est en effet propagée à l’ensemble du globe et a transformé à jamais le Moyen-Orient. En plus des invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, les États-Unis ont mené leur première campagne importante de frappes de drones concentrées dans sept zones : Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Somalie, Yémen et Pakistan. D’après les chiffres compilés par le BIJ, de 2004 à 2020, 14 040 frappes de drones auraient fait entre 910 et 2200 morts civils, dont 283 à 454 enfants.

Pour ce qui est des frappes aériennes en général, les chercheurs d’Airwars ont établi que les États-Unis ont mené depuis 2001 au moins 91 340 frappes aériennes tuant entre 22 679 et 48 308 civils. Ils utilisent des fourchettes de pertes élevées et faibles, en raison des incertitudes inévitables de leurs conclusions basées sur des sources ouvertes parfois contradictoires.

Les pertes civiles surtout en Irak et en Afghanistan

Iraq Body Count, rapporte que presque tous les décès de civils dus aux guerres américaines depuis le 11 septembre (97 %) sont survenus en Irak (2003-2011) en Afghanistan (2001-2021) et dans la campagne contre Daech en Irak et en Syrie (2014-2021).

Airwars évalue qu’au moins 8300 civils ont été tués dans la campagne aérienne en Irak et en Syrie contre l’État islamique. Les États-Unis n’ont reconnu avoir tué que 1417 civils. L’aviation canadienne a participé à ces frappes.

Le programme Cost of War de l’Université Brown estime qu’au moins 801 000 humains ont été tués par des actes de violence guerrière en Irak, en Afghanistan, en Syrie, au Yémen et au Pakistan depuis 20 ans.

De ce nombre, plus de 387 000 civils ont été tués par tous les belligérants impliqués dans la guerre contre le terrorisme qui a aussi fait 38 millions de réfugiés et de personnes déplacées.

Selon l’Université Brown, ces guerres ont coûté plus de 8000 milliards de dollars au trésor américain, beaucoup plus que ce qu’il admet.

Ni le Central Command, responsable de la plupart de ces conflits, ni le Pentagone n’ont jamais publié d’estimations du nombre de civils tués par les forces armées américaines depuis le 11 septembre. Quelque 7000 militaires américains sont morts dans ces guerres. Les États-Unis mènent des activités antiterroristes dans 85 pays.