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Les nouvelles bêtes du court

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Je ne suis pas vraiment accro au tennis. Mais j’apprécie depuis longtemps les grands moments que nous offre ce noble sport. 

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Mes premiers souvenirs remontent aux matchs d’anthologie qui ont opposé Bjorn Borg à Jimmy Connors ou encore à John McEnroe, que je ne portais pas dans mon cœur en raison de son comportement disgracieux envers les arbitres et un peu tout le monde qui se trouvait à travers son chemin.

J’ai été témoin d’exploits de Chris Evert, d’Ivan Lendl que j’ai interviewé lors d’une séance d’entraînement des Whalers de Hartford, sans oublier Billie Jean King, Andre Agassi, Martina Navratilova et tous les autres grands noms à avoir foulé les courts au cours des cinq dernières décennies. 

Depuis quelques années, le tennis capte davantage mon intérêt avec l’émergence de noms de chez nous : les performances de Bianca Andreescu, de Félix Auger-Aliassime et de Denis Shapovalov, qui ont bénéficié du programme du Centre d’entraînement national situé à Montréal.

À ce trio s’ajoute maintenant la Lavalloise Leylah Fernandez. Ces quatre joueurs procurent au tennis canadien et québécois une visibilité sur la scène mondiale que l’on n’aurait jamais espérée il n’y a pas si longtemps encore.

Qui aurait pu imaginer que deux Québécois, un gars et une fille, feraient les frais, la même année, des demi-finales des Internationaux des États-Unis?

Nous serons des centaines de milliers à suivre Fernandez demain et Auger-Alliasime vendredi.

New York est conquise

Fernandez est éblouissante depuis le début du tournoi. Les Américains se sont épris de la jeune femme qui est partie de nulle part pour atteindre le carré d’as.

Les amateurs ont un gros faible pour les négligés qui triment dur et qui bousculent les meilleurs. La famille de Leylah s’est imposé maints sacrifices pour l’aider à s’épanouir dans son sport.

Vous pouvez lire un excellent reportage à cet effet signé par ma collègue Jessica Lapinski sur le site web du Journal.

Pas intimidée

Fernandez n’a pas battu n’importe qui en quart de finale, hier. Elina Svitolina est cinquième au monde et de sept ans l’aînée de la Québécoise, qui a célébré son 19e anniversaire de naissance lundi.

Pour une joueuse qui se disait nerveuse avant l’affrontement, rien n’y a paru. La demoiselle ne s’est pas laissé intimider par son adversaire. Elle a joué avec panache.

Après sa victoire, Fernandez a rendu aux spectateurs l’amour et l’affection qu’ils lui portent.

« Merci à la foule de New York ! » a-t-elle lancé.

« Vous ne m’avez jamais abandonnée. »

Encore là, Leylah leur a rendu la pareille. Elle a joué avec passion, célébrant chacun de ses coups victorieux avec un poing porté bien haut dans les airs.

Elle a du mordant, la jeune fille !

Et pourquoi pas le championnat ? 

Fernandez est dans son élément sur le court. C’est là qu’elle s’exprime le mieux, car dans les entrevues qu’elle donne en coulisses, elle est plutôt timide et réservée. On peut mettre ça sur le compte de son jeune âge.

Mais elle est une bête de court, tout comme Auger-Aliassime, Andreescu et Shapovalov.

Si personne ne lui avait prédit ce parcours fantastique qu’elle nous montre sur la grande scène de la Grosse pomme, il faut maintenant souhaiter qu’elle se rende jusqu’au bout.

Une deuxième championne canadienne en trois ans aux Internationaux des États-Unis, verriez-vous ça ?

Bianca a tout donné

Bianca Andreescu n’aurait pas demandé mieux que de réussir l’exploit elle-même, elle qui s’est inclinée devant Maria Sakkari au petit matin hier.

J’ai regardé ce match jusqu’à la fin. Les deux joueuses étaient déchaînées.

De vraies tigresses !

L’affrontement s’est prolongé durant 3 h 30 min bien comptées. La deuxième manche a duré 1 h 26 min. L’horloge indiquait 2 h 13 lorsque Andreescu a rendu les armes. 

Elle a disputé la troisième manche avec une blessure à la cuisse gauche, qui a nécessité un temps d’arrêt réglementaire de moins de 10 minutes, le temps qu’on lui fasse un pansement.

Incommodée dans ses déplacements et ses services, Bianca a continué à jouer avec la rage et la détermination qu’on lui connaît.

Les micros de la télévision ont capté clairement l’un de ses moments de découragement.

« It sucks ! » a-t-elle crié.

On peut se demander si son style agressif n’aura pas raison d’elle à la fin. On se dit qu’elle ne peut pas continuer comme ça.

Mais que l’on parle d’une femme ou d’un homme, on n’arrête pas un athlète qui carbure pour son sport.

Félix Auger-Aliassime était animé de la même volonté avant son match contre Carlos Alcaraz. Le sort a voulu que son adversaire soit contraint de déclarer forfait. Ce sont des choses qui arrivent, mais ça n’enlève rien à Félix. 

Tout lui est devenu possible.