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«Ma vie ne sera plus jamais la même», dit le père de Jeanette Zacarias Zapata

«Ma vie ne sera plus jamais la même», dit le père de Jeanette Zacarias Zapata
Photo Martin Chevalier

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Le père de la boxeuse Jeanette Zacarias Zapata, Esteban Zacarias, ne comprend pas ce qui a mené au décès de son enfant, elle qui a rendu l’âme à la suite de son combat contre Marie-Pier Houle.

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Le 28 août dernier, la Mexicaine de 18 ans s’est fait passer le K.-O. au Stade IGA de Montréal. Cinq jours plus tard, elle décédait aux soins intensifs de l’hôpital du Sacré-Cœur.

Dans un long entretien avec RING Magazine, M. Zacarias a parlé de son incompréhension face aux décisions qui ont été prises par le personnel médical qui s’occupait de sa fille.

«Il y a des choses que je ne comprends pas. Ils m’ont contacté pour obtenir l’autorisation de retirer l’assistance vitale et j’ai dit : "non, ça ne dépendra pas de moi. C’est sa décision, c’est son combat".», a raconté l’homme.

«On m’a dit que Jeanette respirait par elle-même et qu’elle était correcte. Peut-être deux heures plus tard, via visioconférence, on m’a dit qu’ils avaient de mauvaises nouvelles. J’ai demandé si on se foutait de moi. Le silence a répondu à ma question. Comment est-ce possible, en l’espace de deux heures, qu’elle soit partie?», a-t-il ajouté.

Apte à combattre?

Depuis le décès de Jeanette Zacarias Zapata, il a été évoqué à de nombreuses reprises que la pugiliste n’aurait pas dû être dans le ring à Montréal, car elle avait subi un autre K.-O. le 14 mai dernier au Mexique.

Selon son père, elle était en état de combattre. «J’étais avec elle pendant l’ensemble de son camp d’entraînement, soit environ 30 jours. La seule journée où je n’ai pas été en sa présence, c’est quand elle est partie pour le Canada. Nous courrions ensemble et j’étais même son partenaire d’entraînement dans le ring. Elle était très bien préparée et forte. Il y a tellement de gens qui n’ont jamais été dans un ring, qui n’ont jamais reçu un coup de poing.»

M. Zacarias semble toutefois en vouloir à l’arbitre en place pour l’affrontement de son enfant, Albert Padulo fils.

«J’ai vu la majorité du combat et j’ai vu la fin. Je ne comprends pas pourquoi cet accident est survenu. Je ne sais pas pourquoi l’arbitre a permis que le combat se poursuive.»

Un homme brisé

M. Zacarias a également parlé de ses états d’âme, lui qui était très proche de Jeanette Zacarias Zapata.

«J’ai l’impression d’être détruit présentement, a-t-il exprimé. Elle était tellement plus que ma fille. Elle était constamment à mes côtés. Nous allions régulièrement à des événements ensemble. Je ne peux pas m’imaginer une plus grande douleur. Je me serais même coupé la main droite et je pense que la douleur ne serait pas à la hauteur de ce que je vis. Ma vie ne sera plus jamais la même. Ils ont arraché un peu de mon âme.»

Finalement, M. Zacarias s’est dit en faveur de l’enquête du Bureau du coroner qu’a annoncé la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, au lendemain de ce triste décès. Il veut toutefois qu’une autopsie soit également réalisée au Mexique.