/sports/opinion/columnists
Navigation

Un autre Wickenheiser

HKN-HKO-SPO-MONTREAL-CANADIENS-V-VEGAS-GOLDEN-KNIGHTS---GAME-TWO
Photo d'archives, AFP Jesperi Kotkaniemi lors d’un match des séries contre les Golden Knights de Vegas, la saison dernière.

Coup d'oeil sur cet article

Le Canadien s’est planté avec Jesperi Kotkaniemi. Probablement qu’en le repêchant troisième au total de l’encan de 2018, on a surévalué son talent et son potentiel. 

Si on avait raison de le sélectionner, alors on s’est fourvoyé dans son développement. 

Si on l’a bien développé, alors c’est ridicule de laisser partir un troisième choix pour le remplacer par un cinquante-huitième. C’est faire preuve d’une grande impatience envers un jeune « prodige » annoncé de 21 ans. 

Dans le fond, ça rappelle la triste aventure de Doug Wickenheiser. 

Heureusement, la machine de propagande du Canadien est tellement efficace qu’on a réussi à convaincre les réseaux de télévision et de radio partenaires que Marc Bergevin avait frappé un grand chelem avec Christian Dvorak, un joueur ordinaire avec les Coyotes de l’Arizona. Dvorak devrait remplacer Phillip Danault. C’est déjà ça.

Et puis, comme junior, il a été formé par Dale Hunter. Ça, c’est du développement.

UN PRIX À PAYER

Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que Bergevin a un bon instinct de hockey. C’est sa plus grande force devant même la qualité de son français. Cet instinct l’a bien servi dans ses transactions de hockey. À part Jonathan Drouin et Max Domi, il s’est toujours bien tiré d’affaire.

Et puis, son caractère de bonhomie et sa chaleur humaine lui permettent d’entretenir de bonnes relations avec ses collègues. Un coup de téléphone de Marc Bergevin est rarement ennuyeux.

Mais dans les hautes sphères du Centre Bell, là où on sait parler business, gestion des ressources et investissement dans le personnel, on est inquiet de la faiblesse chronique de Bergevin de bâtir son équipe avec le repêchage et le développement des joueurs.

DÉVELOPPEMENT

Et même s’il refuse de parler de son départ, pensez-vous qu’on prend à la légère la perte de Joël Bouchard, qui est pourtant impliqué à fond avec l’Armada de Blainville ?

« Il y a eu certains matchs la saison dernière où seuls deux joueurs, Carey Price et Brendan Gallagher, avaient été repêchés et développés par l’organisation. Ce n’est pas normal », s’est-on dit cet été dans la haute direction du Canadien.

Ni normal, et dans les faits, ni rassurant. Être un vice-président hockey inclut la capacité de bâtir à long terme par le repêchage. Au prix que coûte l’ineffable Trevor Timmins.

On va espérer que Logan Mailloux sera l’un de ces sauveurs de la Flanelle. Lui aussi a été formé par Dale Hunter.

LE FAMEUX CONTRAT

Ce n’est pas pour rien que Bergevin entreprend la prochaine saison avec la dernière année de son contrat. Il y a des irritants des deux côtés de la table.

Il se peut que Bergevin ait la conviction qu’un poste et une vie meilleure l’attendent à Los Angeles ou ailleurs aux États-Unis.

Ses enfants vivent à Chicago et à Los Angeles et la pandémie a sans doute compliqué les visites. Et puis, à Los Angeles, Pat Brisson et Luc Robitaille dirigent de véritables empires de hockey où Bergevin pourrait trouver une niche parfaite pour lui.

Mais il se peut aussi que Geoff Molson, malgré l’affection qu’il porte à son directeur général, soit inquiet sur son sens de l’organisation et la gestion du talent, incluant celui de ses adjoints, chez le Canadien.

Sinon, comment expliquer qu’un directeur général d’une équipe qui a atteint la finale de la Coupe Stanley ne reçoive pas une offre de prolongation ?