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Mais que fait-on en élections?

Mais que fait-on en élections?
Photo AFP

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Qui a gagné le débat d’hier ? Sûrement pas la clarté.

L’impression qu’a laissée cet échange à cinq participants est celle d’un incroyable écheveau qui risque peut-être d’en décourager certains à aller aux urnes.

Pertinence, encore

Sans compter qu’une question en particulier a réussi à émerger : mais que fait-on en élections ?

L’animateur Patrice Roy a d’ailleurs, dès le départ, mis Justin Trudeau au pied du mur en parlant d’une élection « non désirée » par la population. Puis, il le plaça devant un choix difficile : « Si vous êtes élu à la tête d’un gouvernement minoritaire, vous engagez-vous à ne pas déclencher d’élections avant quatre ans ? »

Justin Trudeau a esquivé la question avec le sourire. Erin O’Toole a semblé dire oui, puis a refusé de préciser. Les trois autres chefs se sont engagés, chose facile pour eux qui n’auront jamais à demander la dissolution. Ils pourraient certes la provoquer en retirant leur confiance, mais bon.

Une demi-heure après le début du débat, la question de la pertinence de cette élection revenait encore sur le tapis, par le truchement d’Erin O’Toole. Vingt minutes plus tard, alors que l’on discutait garderies, le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, dans une de ses meilleures attaques de la soirée, a reproché au chef libéral d’être à la tête d’un parti qui promet depuis 30 ans un système pancanadien de services de garde et qui ne l’a jamais fait. Et alors qu’il s’apprêtait à le faire, « il a déclenché une élection », de manière « égoïste », a-t-il ajouté plus tard. Plutôt bien envoyé. Surtout que les justifications de Justin Trudeau, bien que livrées avec un peu plus de conviction que lors du Face-à-face, étaient toujours aussi peu convaincantes. 

O’Toole atteint

Le chef conservateur, Erin O’Toole, a été mis à mal dans la portion du débat consacrée aux services de garde. Il a dû admettre – tout en enrobant son aveu dans ses mots mantras « collaboration », « plan » et « contrat » – qu’il déchirerait l’entente de six milliards sur cinq ans livrée au Québec, comme son cadre financier, dévoilé hier, l’a confirmé.

La portion sur l’environnement fut aussi ardue pour le chef conservateur, qui parut défendre l’idée qu’on peut extraire toujours plus de pétrole pour les emplois, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Un enfant de 11 ans, Charles Leduc, incarnation des générations futures, avait placé les chefs devant la perspective incertaine des changements climatiques. Yves-François Blanchet a connu le moment le plus difficile de la soirée lorsque l’animateur lui a remis sur le nez les couleuvres qu’il a dû avaler comme ministre de l’Environnement du gouvernement Marois, au grand plaisir des autres chefs. 

Mais c’est encore Blanchet qui, malgré tout, a su tirer son épingle du jeu, notamment lorsqu’il a piqué Justin Trudeau au sujet de son attitude condescendante à l’égard du Québec.