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Qui veut vivre dans ce garage glacial pour 505$ par mois?

Le logement de Montréal sans adresse était pourtant bien à louer, mercredi, sur Kijiji

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Un garage converti en studio, mal isolé et sans adresse pour 505$ par mois à Montréal symboliserait où est rendue la crise du logement au Québec.

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«Voici une merveilleuse opportunité», peut-on lire dans la description de l’offre de ce logement situé dans l’arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville. Catherine, qui souhaite taire son nom de famille par crainte de représailles, est la locataire actuelle. 

«J’ai publié cette annonce sur Kijiji pour donner un coup de main au proprio. Je quitte l’appart pour d’autres projets en octobre. J’habite là depuis un an. Je ne peux pas nier qu’il fait froid. C’est un garage. Ce n’est pas censé être habitable. [...] Je n’ai pas d’adresse aussi. Toutes mes lettres vont chez mon amie», a confié au Journal l’étudiante de 24 ans. 

La jeune femme avoue qu’elle a supprimé son annonce des réseaux sociaux cette semaine en raison de nombreux commentaires haineux qui lui ont été envoyés. 

«La majorité des gens pensaient que j’étais la proprio. On m’a traitée de rapace. On m’a dit que je profitais de la crise pour me faire de l’argent. Les gens ont commencé à taguer dans l’annonce sur Facebook la Régie du logement, la police et la sécurité publique. Je me suis dit wô là!» relate Catherine. 

La photo de l’annonce montre une toilette, un coin cuisine et un espace pour le lit.
Capture d'écran tirée de Kijiji
La photo de l’annonce montre une toilette, un coin cuisine et un espace pour le lit.

L’étudiante assure que le garage était sa seule option abordable et sans coloc qui se présentait à elle au moment de chercher un logement l’année dernière.     

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Illégal?

Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), affirme que ce logement offert ne serait pas conforme. 

«Il faudrait vérifier si la porte du garage compte comme une fenêtre. Il en faut normalement une par pièce. À première vue, je doute que ce studio soit conforme», constate Mme Laflamme. 

«On voit ici que des propriétaires décomplexés sont prêts à faire de l’argent avec n’importe quoi en pleine crise du logement, en rénovant sommairement un garage avec un certain branding. Ça montre une fois de plus la marchandisation du logement et l’importance d’instaurer des permis de location», ajoute-t-elle. 

Contacté à ce sujet, l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville assure que son équipe d’inspecteurs ira vérifier la conformité du logement au cours des prochains jours. 

«C’est habitable»

La locataire a réussi à installer un petit sofa près de la porte principale du studio.
Capture d'écran tirée de Kijiji
La locataire a réussi à installer un petit sofa près de la porte principale du studio.

Mario Ouellet est le propriétaire du garage à louer, qui se trouve au sous-sol d’un bloc de quatre appartements sur la rue Sackville.

Il explique au Journal que le logement a d’abord été converti pour y loger son fils, Marc-André Bergeron-Ouellet, qui est aussi propriétaire de la bâtisse. 

«Est-ce que c’est habitable? Je pense que oui. Mon standard d’habitation, comme le vôtre et celui d’autres personnes ne sont pas les mêmes», se défend M. Ouellet. 

Le propriétaire assure finalement que son studio à louer pour 505$ par mois est très abordable, car l’électricité, le chauffage et même l’internet sont inclus dans le loyer.

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