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Bowman et Verdun liés pour toujours

GEN  -  KEN DRYDEN ET SCOTTY BOWMAN ENTREVUE
Photo d’archives À un de ses derniers passages à Montréal en 2019, Scotty Bowman en présence de Ken Dryden lors du lancement du livre Scotty, une vie de hockey d’exception rédigé par l’ancien gardien du CH .

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Scotty Bowman est en ville. À l’approche de ses 88 ans, il a parcouru en voiture, hier, les 635 kilomètres séparant Buffalo de Montréal, accompagné de son épouse Suella, sa grande complice de vie depuis 52 ans.

C’est qu’un autre honneur attend l’ancien entraîneur aujourd’hui dans sa ville natale. L’arrondissement de Verdun baptisera la patinoire de l’auditorium en son honneur.

Un autre illustre fils verdunois, Denis Savard, sera présent, lui dont la nouvelle structure de l’aréna jouxté à l’auditorium portait déjà son nom.

Beauté retrouvée

Le vaste complexe situé sur le boulevard LaSalle a un nouveau visage. L’auditorium, qui a été inauguré en 1939, a retrouvé notamment sa belle façade de style art déco. 

Ses briques, qui avaient été cachées derrière un mur d’acier il y a de ça bien longtemps, sont réapparues, toutes bien nettoyées.  

Ses célèbres banquettes pour deux en bois laqué ont retrouvé leur éclat.

Un nouvel espace central relie l’édifice à l’aréna Denis-Savard, maintenant doté de grandes verrières.

De cette aire, on peut voir les édifices de Montréal à l’avant et le Saint-Laurent à l’arrière.

Les rénovations de l’auditorium sont une réussite pour l’Ordre des architectes du Québec, qui a décerné à l’arrondissement un prix pour la conservation et la mise en valeur de son patrimoine.

732, 5e Avenue

Les souvenirs se bousculaient dans la tête de Bowman alors qu’il faisait halte à Cornwall, hier. 

Il a beau avoir quitté Verdun en 1956 pour amorcer ce qui allait devenir une grande carrière dans le hockey, c’était comme s’il vivait toujours à Verdun. Il se souvient de tout dans les moindres détails.

À commencer par le logement du 732 de la 5e Avenue, où il a vécu avec ses parents Jake et Jane, mais que tout le monde appelait plutôt Jack, et sa sœur Freda et ses frères Jack fils et Martin.

Bowman y a vécu de sa naissance, en 1933, jusqu’à ses 18 ans, en 1951.

La famille a ensuite habité rue Valiquette, que l’on venait d’ouvrir, pendant quatre ans. Puis sur la rue Manning, près du boulevard LaSalle.

Un peu plus tard, Bowman a acheté un cottage sur l’avenue Foch, qu’il a habité jusqu’à ce qu’il devienne entraîneur du Canadien de Hull-Ottawa, et où ses parents ont demeuré jusqu’à leur décès, tous deux à des âges avancés.

« Dans ma jeunesse, on mangeait et on jouait dans la rue », de raconter Bowman.

« Il n’y avait pas d’autos qui circulaient. Le sport primait à Verdun. »

En plus d’être ailier gauche au hockey, Bowman jouait au deuxième but au baseball et comme « quart-arrière de la défense » au football, pour reprendre ses paroles.

Bob Geary et Tony Pajackowski, qui ont joué avec les Alouettes, ont été ses coéquipiers avec les Shamcats de Verdun.

Si vous pensez que Bowman a tout dit, détrompez-vous ! Il n’en finissait plus de parler.

L’allocution qu’il prononcera aujourd’hui est encore plus étoffée.

Les trois Denis

Verdun a produit aussi quelques bons joueurs de hockey.

Il y a eu Don Marshall, un des 12 membres à avoir remporté la coupe Stanley cinq années consécutives avec le Canadien, Dollard Saint-Laurent, Lorne Worsley, Guy Charron, Bob Berry.

Denis Savard et ses compagnons de trio Denis Cyr et Denis Tremblay, tous nés le 4 février 1961, ont fait la fierté de la ville.

Aldo Giampaolo, qui a dirigé les trois Denis dans le hockey mineur, est devenu plus tard gestionnaire de l’auditorium avant de passer dans les ligues majeures avec le Canadien, à titre de vice-président, exploitation, du Forum, puis du Centre Bell.

Les connaissances et les contacts qu’il a développés dans le show-business l’ont même amené au poste de gérant de Céline Dion.

Comme quoi Verdun peut mener loin.

J.C., le grand oublié

La Ville de Québec a rendu hommage dernièrement à Manon Rhéaume et à Sylvain Côté en dévoilant des statues les montrant dans les uniformes qu’ils portaient au Tournoi pee-wee, sur la Place Jean-Béliveau du Centre Vidéotron.

Bravo, bien pensé !

Les prochains qui auront droit au même honneur seront Guy Lafleur en qualité de joueur ayant marqué le plus l’histoire des Remparts et Réal Cloutier qui a signé ses plus grands succès avec les Nordiques, version de l’Association.

Cloutier a devancé de justesse Marc Tardif dans un vote populaire organisé par la Ville de Québec et la Commission nationale de Québec.

Jean-Claude Tremblay a terminé troisième, mais loin derrière les deux meneurs.

Pas de Nordiques sans lui

Le public a parlé, mais s’il en est un qui devrait avoir sa place avec les autres joueurs honorés sur la Place Jean-Béliveau, c’est bien Tremblay.

Il fut le premier joueur de renom à se joindre aux Nordiques à leur entrée dans l’Association mondiale, en 1972.

Les Nordiques n’auraient peut-être pas fait long feu s’ils n’avaient pas réussi à l’attirer à Québec.

Tremblay a fait beaucoup pour l’équipe québécoise. Il en était le meneur, même s’il ne fut pas toujours son capitaine.

Le fait qu’il n’ait pas été encore immortalisé est l’histoire de sa carrière. Il n’a pas toujours été reconnu à sa juste valeur.

Gilles Tremblay, qui a joué avec lui chez les juniors et dans la LNH avec le Canadien, disait toujours que J.C. s’était fait voler le trophée Conn Smythe lors de la conquête de la coupe Stanley de 1966 par le Tricolore.

Le gardien Roger Crozier, des Red Wings de Detroit, lui avait été préféré, devenant ainsi le premier joueur de l’équipe vaincue en finale à recevoir cette distinction.

Les portes du Panthéon du hockey ont été fermées aussi à l’ancien défenseur étoile, qui nous a quittés il y a déjà près de 27 ans.

Ce serait temps qu’il y ait réparation quelque part.