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De plus en plus d'incidents impliquant des militants anti-vaccin près des écoles

Image tirée d'une manif des anti-vaccins devant le bureau du premier ministre Legault à Montréal,Québec, Canada.
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI Image tirée d'une manif des anti-vaccins devant le bureau du premier ministre Legault à Montréal,Québec, Canada.

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Des intervenants dénoncent la multiplication des incidents impliquant des militants antivaccins aux abords des écoles, comme l’appel à manifester lancé hier en soutien à un enseignant qui se dit muselé.

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«C’est dégueulasse. C’est inacceptable», lâche Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec. À l’école, «les enfants sont censés se sentir bien et en sécurité. Ce n’est pas l’endroit où manifester», dénonce-t-il.  

Le militant antivaccin François Amalega Bitondo a lancé sur les réseaux sociaux, hier, un appel à manifester devant une école secondaire de Montréal. 

Une manifestation contre les mesures sanitaires près d’une école de Saint-Roch-L’Achigan, organisée par le même militant, avait également choqué des parents la semaine dernière.  

Dans un autre genre d’incident, une école de Rawdon a fait l’objet de graffitis antivaccins mardi.  

Convoqué

L’appel à manifester lancé hier vise à soutenir un enseignant d’éthique et culture religieuse qui dit avoir été convoqué par sa direction et risquer de potentielles sanctions disciplinaires parce qu’il refuse de faire la promotion du vaccin contre la COVID-19 auprès de ses élèves.  

Dans une vidéo animée par M. Amalega sur Facebook, Patrice Trudeau explique qu’il cherchait à développer l’esprit critique des élèves, notamment en les renseignant sur les risques du vaccin et les incohérences du gouvernement.   

«J’ai eu des plaintes, il paraît, d’élèves, de parents et de professeurs. Je dérange, à l’école», avoue-t-il dans la vidéo.  

«[La vaccination des élèves], il faudrait que ce soit libre et éclairé et ce n’est pas le cas présentement. [...] On s’organise pour qu’ils se sentent coupables s’ils ne se font pas vacciner.» 

Il affirme, notamment, avoir subi des pressions pour convaincre les élèves de se faire vacciner. 

En entrevue avec Le Journal, M. Trudeau a spécifié que sa cause est celle de la liberté d’expression et de conscience, davantage que celle d’une opposition à la vaccination.  

Il a toutefois tenu certains propos s'apparentant aux discours antivaccins au cours de l'entrevue.   

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«Décourageant»

«C’est décourageant», dit Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’école de Santé publique de l’Université de Montréal. La science a clairement montré que le vaccin était «sécuritaire et efficace, rappelle-t-elle. Et s’il peut effectivement occasionner des effets secondaires, les bénéfices de la vaccination surpassent les risques», résume-t-elle.   

«Je comprends qu’il y a la liberté d’expression», abonde Benoît Barbeau, professeur de biologie à l’UQAM. «Mais il y a des enseignants qui devraient peut-être s’en tenir à la matière qu’ils enseignent.» 

De façon générale, les cas d’enseignants qui tiennent des propos douteux en lien avec la pandémie en classe sont très rares, s’entendent pour dire trois intervenants du milieu scolaire interrogés par Le Journal.    

«C’est un manquement à l’éthique que d’utiliser sa posture d’autorité pour convaincre les élèves dans un sens ou dans l’autre», explique Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire.   

La direction a donc l’obligation d’intervenir, que ce soit parce qu’un enseignant transmet des théories non fondées ou qu'il fait du militantisme politique, illustre-t-elle.  

Au moment de publier, le Centre de services scolaires de Montréal n’avait pas répondu à nos questions.  

Joint sur Messenger, François Amalega Bitondo n’a pas non plus répondu à la demande du Journal.

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