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Violence par armes à feu: «On ne veut pas être le nouveau Toronto»

La police de Montréal au front contre la violence par armes à feu

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Le chef de la Division du crime organisé à Montréal, Francis Renaud, en entrevue avec Le Journal vendredi.

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La police de Montréal affirme mettre les bouchées doubles pour endiguer la problématique et ne pas devenir le «nouveau Toronto» alors que la métropole est aux prises avec une recrudescence de violence par armes à feu. 

« Les gens ont raison de s’inquiéter, on s’inquiète aussi. Mais sachez qu’on prend les moyens, qu’on va être là, et qu’on est présent chaque jour », soutient Francis Renaud, commandant de la Division du crime organisé du Service de police de la Ville de Montréal. 

Rencontré vendredi par Le Journal, il est conscient de l’ampleur du chantier, mais estime que les autorités vont dans la bonne direction grâce aux mesures mises en place jusqu’à présent.

Alors que l’Équipe intégrée de lutte au trafic d’armes, en collaboration avec la Sûreté du Québec, mène de front plusieurs enquêtes et que 42 nouvelles embauches ont été annoncées récemment, deux équipes seront créées pour s’attaquer aux crimes de violence. 

Les réseaux sociaux

Les yeux sont surtout tournés vers les gangs de rue, responsables d’une grande partie des conflits armés qui secouent les rues de Montréal. 

Bien qu’en trame de fond se déroulent des guerres pour des territoires de vente de stupéfiants, c’est aussi sur les réseaux sociaux qu’ils s’affichent... et se menacent en glorifiant la violence.

« C’est un terreau fertile. C’est instantané, on peut se harceler, s’invectiver, explique le commandant Renaud. Il peut y avoir des conflits pour des raisons très insignifiantes, très banales. »

Jusqu’à présent, ce sont déjà 400 armes qui ont été saisies par la police depuis le début 2021, preuve qu’elles sont de plus en plus accessibles, et pour des adolescents aussi jeunes que 15 ans. 

« Ça frappe l’imaginaire, c’est vrai, laisse tomber Francis Renaud. C’est désorganisé, c’est pas comme on voit du côté des motards. Les plus vieux ont beaucoup moins de pouvoir sur les jeunes. C’est la spontanéité qui va régner, souvent enflammée par un sentiment de vengeance. »

L’aide des citoyens

Mais une chose est certaine, le rôle de la population demeure crucial afin de faire avancer les enquêtes.

« La victime d’aujourd’hui, c’est le suspect de demain. Nos victimes [du milieu criminel] ne collaborent pas », indique le commandant Renaud, ajoutant que les gens du public sont leurs « yeux et [leurs] oreilles ».

Il souligne être en contact avec la police de la Ville Reine pour s’inspirer de ses façons de faire, mais ne veut en aucun cas que Montréal devienne le « nouveau Toronto ».

« C’est un problème de société, attaquons-le comme il se doit », lance M. Renaud.

Les meurtres à Montréal


Total Par arme à feu
2021* 18 11
2020 25 7
2019 25 10

*En date du 10 septembre