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Voici pourquoi il faut protéger les services de transport collectif

Voici pourquoi il faut protéger les services de transport collectif
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Les propos exposés ci-dessous sont autorisés par l’agent financier de L’Association canadienne du transport urbain (ACTU) et n’engagent que l’ACTU.

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Chaque jour, des centaines de milliers de personnes dépendent du transport collectif au Québec: des travailleurs à faible revenu qui ne possèdent pas de voiture, des étudiants qui se rendent au cégep et à l’université, des aînés et des personnes à mobilité réduite qui en sont dépendantes pour leurs déplacements quotidiens essentiels.

En bref, le transport collectif est essentiel pour la vitalité des villes et pour un grand nombre de Québécois. Le secteur a toutefois été frappé de plein fouet par la pandémie et a été précipité dans une crise financière sans précédent. 

Les gouvernements ont reconnu cette situation avec l’accord sur la relance sécuritaire conclue entre Ottawa et les provinces l’an dernier. Cet accord a permis la mise en place d’un financement d’urgence de 1,4 milliard de dollars pour le transport collectif au Québec. 

Or, ce financement arrivera bientôt à terme et sans soutien additionnel, le transport collectif court le risque d’un recul historique. C’est pourquoi nous jugeons qu’il s’agit d’une priorité dans cette élection de maintenir et de protéger les services déjà offerts.

Avant même l’arrivée de la COVID-19, le secteur était déjà sous-financé, après des années de développement sans augmentation conséquente des revenus. Près de la moitié des coûts d’exploitation étaient couverts par les tarifs perçus auprès des clients. 

Mais pour chaque baisse de 10 % de l’achalandage, les réseaux de transports collectifs du Québec doivent composer avec un manque à gagner de 105 millions de dollars par année. Or, l’achalandage actuel correspond à environ le tiers des niveaux prévalant avant la pandémie.

Les usagers reviennent déjà et d’autres le feront dans l’avenir, au fur et à mesure que les bureaux rouvriront et que l’immigration se poursuivra. Mais sans soutien financier permanent, on risque d’assister à des coupures de service qui pourraient précipiter le transport collectif dans une spirale descendante. 

Ces coupures pourraient également pousser des usagers à quitter le transport collectif, causant ainsi de nouvelles pertes de revenus et de nouvelles réductions de service. 

Les effets d’un tel cycle pourraient être durables. Durant les années 1990, des coupures gouvernementales, combinées aux baisses des revenus, ont conduit à des réductions de service importantes. Il aura fallu 20 ans pour que l’achalandage se rétablisse. 

Le Québec et le Canada doivent éviter une telle stagnation, puisque les problèmes de circulation risquent de s’intensifier, les objectifs climatiques deviendront plus difficiles à atteindre et les inégalités s’accentueront. 

Le facteur le plus important pour assurer l’achalandage dans le transport collectif est le niveau de service, alors s’il n’est pas fiable et suffisant, les clients se tourneront vers d’autres options. En 2020, près des trois quarts des Canadiens qui ont quitté le transport collectif l’ont délaissé au profit de la voiture. Dans un contexte d’urgence climatique, le transport collectif est un moyen essentiel et rentable de rendre les villes plus durables.

Des baisses de service pourraient aussi nuire à la relance économique, dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre, puisque des milliers de Québécois dépendent du transport collectif. Certains pourraient devoir attendre plus longtemps ou parcourir des kilomètres à pied pour se rendre à leur emploi, faire leurs courses et assister à des événements culturels ou sportifs.

Le gouvernement fédéral soutient actuellement des projets majeurs de développement au Québec, notamment le Réseau express métropolitain (REM) ou le prolongement de la ligne bleue. 

Ces investissements doivent être applaudis, mais les villes doivent maintenant avoir les moyens d’entretenir leur réseau et d’y faire circuler de nouveaux autobus, métro et trains.

L’achalandage ne reviendra pas aux niveaux d’avant la pandémie du jour au lendemain. On ne peut pas laisser le transport collectif s’effondrer en attendant le rétablissement de son achalandage. Et ce n’est pas en offrant un service réduit et peu fréquent qu’on récupérera les usagers manquants.  

Le transport collectif est important pour plusieurs personnes, pour la qualité de vie, la productivité de nos villes et pour les mesures climatiques à prendre. 

Nous sommes d’avis que tout parti qui formera le gouvernement doit collaborer avec le premier ministre du Québec et les autres premiers ministres pour prolonger l’aide financière, parce que la protection et le maintien des services de transport collectif sont dans l’intérêt national.

 
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