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11 septembre: l'inoubliable attentat

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Que retenir du fatidique mardi 11 septembre 2001, alors qu’une attaque terroriste allait détruire les tours jumelles du World Trade Center de New York, le symbole américain de la haute finance et de son capitalisme ?

Avant tout, il faut rappeler que 2977 personnes innocentes ont été tuées par ces attentats meurtriers. De plus, on a compté 6291 personnes blessées. Au nombre des morts, il y a eu 24 Canadiens. 

Cela étant dit, les attentats du 11 septembre 2001 ont amplifié la crise boursière amorcée par l’éclatement de la bulle Internet en l’an 2000.

À la suite de l’attentat, la Bourse de New York (NYSE), l’American Stock Exchange (AMEX) et le NASDAQ n’ont pas ouvert le matin du 11 septembre 2001. Et ils sont restés fermés jusqu’au 17 septembre.

Lors de la semaine de réouverture des marchés boursiers, du 17 au 21 septembre, le Dow Jones allait chuter de 14,26 % pour terminer à 8235,81 points, le S&P 500 perdait 11,6 % pour finir à 965,03 points et le NASDAQ reculait de 16,1 % pour boucler la semaine à 1423,19.

Ce fut la pire semaine enregistrée par le Dow Jones depuis la Grande Dépression. Toutes les places boursières à travers le monde allaient emboîter le pas de cette déconfiture boursière.

Qui plus est, la débandade boursière allait par la suite se poursuivre. Toujours est-il que c’est en octobre 2002, un an après l’attentat du 11 septembre 2001, que la Bourse touchait son creux de la crise reliée au dégonflement de la bulle Internet et à l’attentat du 11 septembre.

Résultat : le principal indice de la Bourse de New York, le S&P 500, affichait le 2 octobre 2002 une débandade de 49,2 % par rapport à son sommet du 24 mars 2000.

Pendant la même crise boursière, le baromètre de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, affichait une déconfiture de 50 % par rapport à son sommet de septembre 2000.

Tous les investisseurs, sans exception, avaient perdu sur papier des sommes colossales.

RÉCESSION

Pour revenir au niveau record de mars 2000, le S&P 500 a mis presque sept ans. Du côté de l’indice phare de la Bourse de Toronto, le sommet de septembre 2000 a de nouveau été franchi six ans plus tard.

Rappelons également qu’une récession a frappé les pays membres de l’Union européenne en 2000-2001, et les États-Unis en 2002-2003.

À l’instar de la Grande-Bretagne et de l’Australie, le Canada avait évité de tomber en récession.

De 2000 à 2002, le taux de chômage au Canada était passé de 6,8 à 7,7 %. Aux États-Unis, la récession avait fait bondir le taux de chômage de 4 à 5,8 %. Selon l’OCDE, quelque 200 000 Américains avaient momentanément perdu leur emploi à la suite de l’attentat du 11 septembre 2001.

TRANSPORT AÉRIEN SINISTRÉ

Autres conséquences directes liées au 11 Septembre.

Les transporteurs aériens ont grandement souffert des actes terroristes : paralysie durant plusieurs journées, forte réduction d’achalandage, licenciement de milliers d’employés, diminution marquée de la capacité, etc.

Selon l’Association du transport aérien international (IATA), les sociétés aériennes ont enregistré des pertes de l’ordre de 7 milliards de dollars américains sur leurs vols internationaux réguliers en 2001, et des pertes de 3 à 5 milliards de dollars américains au chapitre des vols réalisés à l’intérieur des États-Unis.

VINGT ANS PLUS TARD

Du côté de la Bourse, après avoir traversé deux autres crises, celle de 2008 à mars 2009 où les indices ont fondu de 50 %, et celle de mars 2020 où on a eu droit à des reculs de 30 à 35 %, l’euphorie est de retour.

Par rapport au creux boursier de 2002 relié à l’éclatement de la bulle Internet et à l’attentat terroriste du World Trade Center, on est rendu au zénith. Voici les hausses enregistrées :  

  • S&P/TSX : 265 %  
  • S&P 500 : 477 %  
  • Dow Jones : 378 %  
  • NASDAQ : 1267 %   

C’est énorme. Mais cela représente de la petite bière à comparer aux mastodontes de l’Internet.

Le titre d’Apple se négocie aujourd’hui 404 fois plus cher qu’en septembre 2001, celui d’Amazon 582 fois et celui de Microsoft 11,6 fois. Entrés en Bourse plus tard, Google a vu sa valeur se multiplier par 44 depuis septembre 2004, et Facebook par 13,7 fois depuis 2012.

À eux seuls, les cinq titres du GAFAM ont une capitalisation boursière de 9424 milliards de dollars US. C’est trois fois plus que la capitalisation totale des entreprises cotées à la Bourse de Toronto.

Selon un regroupement d’ONG, les Microsoft, Amazon, Facebook et compagnie auraient reçu du gouvernement américain quelque 44 milliards $ US pour les aider dans leur lutte contre le terrorisme.

Au terrorisme physique, s’ajoutent depuis plusieurs années les cyberattaques contre le monde de la haute finance.