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Grâce à Mme Kurl, je choisis le Bloc

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Photo AFP Yves-François Blanchet

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Si vous me le permettez, chers lecteurs, j’aimerais commencer cette chronique en offrant mes plus sincères remerciements à madame Shachi Kurl, « modératrice » (ahahahahahah) du « débat » de jeudi soir.

LA DOUCHE FROIDE

Madame Kurl, je tiens, au nom des millions de Québécois qui appuient les lois que vous n’avez pas hésité, en plein débat national, à qualifier de racistes et de discriminatoires, à vous remercier du fond du cœur. 

Comme beaucoup de souverainistes, j’hésitais, ces derniers jours, entre voter Bloc et voter Conservateur. 

J’étais prêt à tenter, de nouveau, l’aventure du « Beau risque » et à serrer la main que monsieur O’Toole nous tendait. 

Oh, sans grand enthousiasme, mais juste pour m’assurer que le Petit lapin en chef ne reviendrait pas nous enfoncer son multiculturalisme zélé dans la gorge pendant quatre autres années. 

J’ai même écrit une chronique là-dessus le 5 août dernier.  

Et puis vous nous avez craché au visage, sans aucune gêne, avec l’approbation des organisateurs de cette triste parodie de débat, et soudainement, comme un homme engourdi par trop de belles promesses qu’un bon samaritain aurait poussé sous une douche froide, j’ai repris mes esprits. 

Hier, lorsque j’ai apposé mon X à côté du nom de la candidate bloquiste de mon comté, j’ai eu une pensée attendrissante pour vous.  

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Et pour les quatre autres chefs qui n’ont pas réagi lorsque vous nous avez asséné cette gifle en direct. 

Merci, merci, merci, madame Kurl. 

Même Yves-François Blanchet n’en demandait pas tant... 

LE FANTÔME DE BOURASSA

De retour à vous, chers lecteurs...

Est-ce moi, ou la fameuse expression « Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse » que monsieur Legault a sortie du placard de l’Histoire, hier, était tout sauf innocente ?

On aurait dit que notre PM convoquait le fantôme de Robert Bourassa !

Hier, je suis sûr que la grande majorité des gens qui ont fait la queue devant leur bureau de scrutin ne parlaient que de ça.

La fameuse « question loadée » du « débat » anglais.

Ça sentait fort les lendemains de Meech. Quand Clyde Wells et Elijah Harper ont uni leurs voix pour nous dire qu’on pouvait prendre notre petite société distincte, la rouler serrée et nous la foutre là où la feuille d’érable ne pousse jamais. 

J’ai toujours dit que le rêve des Québécois était que Robert Bourassa fasse l’indépendance. 

Comme si c’était une décision trop grave pour la laisser aux péquistes.

Malheureusement, après avoir relevé les jambes de son pantalon pour exhiber ses belles chaussettes fleurdelisées aux souverainistes qui n’en croyaient pas leurs yeux, le leader libéral a remis son pyjama à pattes rouge et n’a plus jamais fait de l’œil aux Bleus. 

LEGAULT OSERA-T-IL ?

François Legault ira-t-il plus loin ?

À force de se faire fermer la porte sur les doigts, finira-t-il par réveiller le souverainiste qui dort (encore, j’en suis convaincu, et pas très profondément) en lui ?

Ira-t-il là où Robert Bourassa n’a jamais osé aller ? 

Je suis peut-être trop excité par les retombées politiques du catastrophique « débat » de jeudi (encore merci, madame Kurl), mais je suis sûr que si le leader caquiste trouvait le courage d’emprunter ce chemin, des millions de Québécois le suivraient.