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Il y a 20 ans, la haine des Américains

ÉTATS-UNIS ATTENTATS TERRORISTES
Photo AFP Sans nuances, pas de démocratie.

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Cette haine était autrefois proportionnelle à la puissance mondiale des États-Unis. Elle était d’inspiration à la fois politique et culturelle.

Le 11 septembre 2001, des islamistes inspirés par le cinéma américain ont mis en scène une apocalypse à l’intention d’un public mondial. Ce jour-là, à New York, leur film d’horreur, en visant les deux tours orgueilleuses du World Trade Center, a atteint le comble de l’imaginaire terroriste. 

Toutes les analyses politiques, des plus simplistes aux plus sophistiquées, n’arrivent pas à rendre compte des secousses telluriques de l’effondrement de ces édifices remplis de travailleurs qui participaient, chacun à sa manière, au rêve américain. 

La haine des États-Unis et sa contrepartie, la fascination universelle dont fait l’objet le pays de l’Oncle Sam, deux faces quasi interchangeables, ont fait basculer la terre entière à tout jamais. 

Fracture

La fracture à l’intérieur même des États-Unis s’est élargie en y engouffrant des institutions politiques, la morale puritaine et une conception quasi infantile du bonheur et des relations humaines. Les mots « God Bless America », titre de l’hymne patriotique chanté par les Américains depuis cent ans, n’ont plus de réelle signification.

Faut-il s’étonner que le 11 Septembre ait mené à une désintégration de la foi américaine en la démocratie et, comme conséquence, à la dévalorisation de la politique et des politiciens décents et raisonnables ?

Car le 11 septembre 2001 a ouvert, quinze ans plus tard, les portes de la Maison-Blanche à Donald Trump, lui permettant de mépriser et d’insulter les vertus américaines qui ont fait la grandeur du pays. 

Non, Dieu n’a pas béni l’Amérique. Dieu a maudit l’Amérique en l’offrant aux forces exacerbées de l’extrême droite, des libertariens délirants et d’un capitalisme sauvage.

Extrémistes

Vingt ans sont passés. Vingt ans ont permis à tous les racistes, les incultes, les complotistes et les intellectuels reconvertis en censeurs de se regrouper, en quelque sorte. Car les extrêmes se confondent pour en arriver à ces « États-Désunis », comme je l’ai écrit récemment. 

Cela pour le plus grand plaisir de ceux qui, chez nous comme ailleurs, vivent dans la haine des États-Unis au point d’encenser des pays tyranniques, voire de fermer les yeux sur les exactions commises dans les pays islamiques et totalitaires.

Les antiaméricains aveuglés, je les ai côtoyés, si l’on peut dire, lorsqu’au matin du 11 septembre 2001, j’étais invitée à Radio-Canada pour parler de mes tics d’écrivaine. Quand je suis entrée dans le studio de Marie-France Bazzo, le premier avion venait de percuter une tour. Ce fut la panique. Quelques personnes en studio, à micro ouvert, ont émis l’hypothèse que cet acte terroriste était signé par l’extrême droite américaine. 

Lorsque le second appareil s’est encastré dans l’autre tour, j’ai compris. Il n’y avait que les djihadistes pour réussir un tel attentat. Je l’ai dit, mais quelques collaborateurs se sont mis alors à dénoncer la politique américaine dans le monde. Autrement dit, certains donnaient à penser que les Américains méritaient ces attaques. 

Hélas, encore aujourd’hui, vingt ans plus tard, nombreux sont ceux qui en sont convaincus. 

Que dire de plus ?