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Le Canada, ce pays qui nous hait et nous attaque

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Il faudra bien finir par le comprendre : le Canada anglais nous hait. Et quand il ne nous hait pas, il nous méprise. Il conjugue naturellement les deux sentiments. Il trouve que nous sommes un peuple en trop en ce pays.

On a pu le constater jeudi, lors du débat en anglais. Cette haine était inconsciente d’elle-même et se prenait pour une forme d’objectivité journalistique. 

Le consortium à l’origine du débat n’a rien trouvé à redire à le transformer en procès du peuple québécois en l’accusant de racisme parce qu’il défend sa langue et la laïcité.

Mépris

Le Canada anglais ? Oui, je généralise. Mais la culture politique de ce pays, son univers symbolique, ses réflexes idéologiques pointent tous dans la même direction. Autrement dit, c’est une généralisation légitime. 

Cette aversion a muté au fil de l’histoire. 

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Elle a d’abord été portée par le conservatisme, qui se demandait pourquoi le peuple conquis de 1760 existait encore autrement qu’à la manière d’une tribu folklorique. 

Elle est aujourd’hui reprise par la gauche multiculturaliste, qui instrumentalise la cause amérindienne et celle des minorités issues de l’immigration pour fragiliser les droits du français et contester son statut de peuple fondateur. 

Indépendance

Toujours, le procès est le même : les Québécois seraient une tribu régressive, piétinant allègrement les droits des minorités. Le Canada nous civiliserait.

Il fallait se défendre. 

François Legault, dans sa conférence de presse, était magnifique. Il s’est posé comme le chef de la nation québécoise, prêt à la défendre, ne tolérant pas qu’on l’insulte, qu’on la piétine, qu’on l’attaque.

Il lui reste à tirer les conséquences de sa légitime indignation. Se rappelle-t-il ses convictions d’il y a une dizaine d’années à peine ? À passer de la parole aux actes.

Au fond de lui-même, ne se dit-il pas que nous devrions sortir de ce pays qui nous est étranger et faire le nôtre une fois pour toutes ?