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Le côté noir du Canada anglais: toujours d’actualité

Le côté noir du Canada anglais: toujours d’actualité
AFP

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«La nation québécoise est attaquée dans ses compétences, dans ce qu’il y a de plus important: la langue française, ses valeurs [...] c’est inacceptable! » a lancé François Legault hier. Il réagissait au débat des chefs en anglais, où l’animatrice a pris sur elle de dénoncer les lois québécoises sur la laïcité et la langue française. 

Faisant siennes les paroles de Bourassa après l’échec de l’accord du lac Meech, Legault a affirmé: «Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse à Ottawa, le Québec est une nation libre de protéger sa langue, ses valeurs, ses pouvoirs.»

Vraiment, les relations entre le Québec et le reste du Canada sont comme un éternel recommencement.

J’ai publié le premier tome de mon Livre noir du Canada anglais à l’automne 2001. 20 ans déjà! C’était d’abord ma réponse aux Minutes du Patrimoine de Robert-Guy Scully. À travers des sociétés et des fondations-écrans, le ministère du Patrimoine de Sheila Copps avait versé 7,2 millions de dollars pour glorifier l’histoire du pays par des messages de propagande à l’eau de rose télévisés de 90 secondes. Moi, je présentais l’autre côté de la médaille, le côté noir, le côté sanglant de l’histoire du Canada anglais, marquée par le mépris arrogant des francophones qui est de nouveau au cœur de l’actualité.

Le Livre noir était aussi une réplique à la campagne de diffamation que menait la presse anglo contre le Québec. J’écrivais il y a 20 ans et c’est toujours vrai aujourd’hui:

«Les médias anglophones, avec une délectation évidente, les journalistes et les intellectuels du Canada anglais nous insultent, nous avilissent avec une mauvaise foi et un rare mépris pour la vérité. On nous accuse d’être intolérants, d’être d’incorrigibles racistes. On laisse même entendre que ces tares sont inhérentes à notre culture. Pire: on répand ces mensonges à l’étranger. Compte tenu de leur propre histoire nationale, ces donneurs de leçons sont plutôt mal placés pour instruire notre procès.»

Pas un mot à changer pour mettre à jour ces propos.

Je présentais ainsi le Livre noir:

«Depuis la Conquête, le Canada anglais s’est rendu coupable de crimes, de violations des droits humains et de manifestations de racisme et d’exclusion envers tous ceux qui n’avaient pas le bonheur d’être blancs, protestants et Anglo-saxons. Ce survol de l’histoire du Canada recense des pratiques discriminatoires, des propos racistes et haineux et des encouragements à la violence de la part de dirigeants politiques, de journalistes et d’intellectuels anglo-canadiens contre les francophones, les Indiens, les Japonais et les Juifs. De quoi donner le vertige!»

En 2021 comme en 2001, l’opinion publique du Canada anglais est prête à appuyer toutes les mesures qui pourraient être considérées contre le Québec comme elle les appuyait déjà en 1970 lors de la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre de Trudeau père. 

Les classes politiques et médiatiques anglo-canadiennes sont de nouveau sur le sentier de la guerre. L’objectif est de souiller l’image de la soi-disant «nation québécoise». Avec un sourire narquois, les leaders d’opinion du Canada ont entrepris une nouvelle campagne de haine et de dénigrement contre le Québec, comme dans le bon vieux temps. 

Comme l’écrit Mathieu Bock-Côté: «Il faudra bien finir par le comprendre: le Canada anglais nous hait. Et quand il ne nous hait pas, il nous méprise. Il conjugue naturellement les deux sentiments. Il trouve que nous sommes un peuple en trop en ce pays.»

Mais qu’est-ce que c’est que ces Québécois? Ils ont été vaincus, battus, humiliés et ils n’acceptent jamais la défaite. Ça devient insupportable à la fin! Durant nos 260 ans de vie commune, les Anglos ne nous ont guère voué de sentiments d’affection. Ils nous ont surtout voués aux gémonies.

Il faut leur faire un bras d’honneur en votant pour le Bloc québécois.