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Pas de manifs autour des écoles

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Photo Agence QMI, Maxime Deland L’opposition aux mesures sanitaires doit s’exprimer autrement que par des manifestations aux abords des écoles.

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En visant les écoles, les opposants aux mesures sanitaires posent un geste ignoble. Le fond du baril. Ces gens doivent laisser les jeunes étudier en paix et le public, comme les parents, s’attend à voir les autorités agir avec fermeté pour protéger ce lieu sacré qu’est l’école.

Le droit de manifester existe et ces gens ont le droit de s’exprimer. Mais s’approcher des écoles est une honte. S’ils n’ont pas la sagesse de s’en rendre compte, quelqu’un devra leur faire comprendre.

La détérioration du climat soulève la question de l’expression de ce point de vue minoritaire. Leur frustration va s’exprimer d’une façon ou d’une autre. Manifestations violentes ? Radicalisation menant à des gestes regrettables ? 

Comme société, nous avons établi que le meilleur forum pour regrouper des idées et des intérêts, ce sont les partis politiques. Contrairement à des pays où l’on règle les conflits avec des armes, ici chaque citoyen exprime par un vote son soutien au parti de son choix. 

Le fait que les insatisfactions et colères soient canalisées à travers des partis politiques constitue un facteur de cohésion et d’ordre. Pour un citoyen choqué, le fait de savoir qu’il pourra exprimer son exaspération dans un scrutin représente une soupape importante contribuant à la paix sociale.

Vivre en démocratie

Maxime Bernier et Éric Duhaime mènent des démarches semblables. Ils tentent de lancer des options politiques résolument à droite en utilisant comme opportunité immédiate la frustration que cause la lutte à la pandémie. 

Leurs idées provoquent l’ire de ceux qui ont fait des sacrifices pour se sortir de cette crise. Cependant, je vois passer des gens qui les accusent d’être une menace à la paix sociale. C’est une erreur.

La frustration des gens qui réagissent mal aux mesures sanitaires existe. Certains parce qu’ils sont allergiques à toute autorité, d’autres pour des croyances religieuses ou d’autres parce qu’ils ont une vision personnelle des enjeux de santé. Ces gens sont en colère, pour vrai. 

Même si vous êtes convaincu qu’ils ont tort sur les faits ou qu’ils ont été victimes des réseaux sociaux, ils sont des citoyens du pays, qui payent leurs impôts et ont voix au chapitre. Une variété de partis politiques sert à cela.

Responsabilité sociale

En contrepartie, ceux qui se retrouvent à la tête de ces partis portent une lourde responsabilité. Souvenons-nous avec quelle intransigeance René Lévesque condamnait les actes terroristes du FLQ. Pour inscrire son Parti québécois dans une démarche démocratique, il ne pouvait pas jouer sur les deux tableaux en matière d’actes violents.

Il ne faudrait pas apprendre par exemple que la campagne de Maxime Bernier est en dessous des manifestations au cours desquelles des roches ont été lancées. D’ailleurs, dans son choix de vocabulaire, Maxime Bernier met parfois une roue sur l’accotement.

Évidemment, ils ne contrôlent pas personnellement chaque manifestant. Mais on voit sur les réseaux sociaux l’ascendant qu’ils ont sur le mouvement antivaccin. Même parmi des gens très à gauche. Lorsque l’inacceptable survient, ils ont un devoir de tracer une ligne.