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Pénurie d'infirmières: situation critique à l'Hôtel-Dieu de Lévis

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La situation est critique à l’Unité mère-enfant de l’Hôtel-Dieu de Lévis. Dans les derniers jours, plusieurs infirmières ont dû faire des heures supplémentaires obligatoires. Exténuées, certaines ont pris la décision, samedi, de ne pas se présenter au travail. 

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«Les infirmières ne peuvent pas continuer de travailler dans ces conditions-là. Il faut le voir au niveau de la province. Le réseau est au bord du point de rupture», a mentionné à TVA Nouvelles la trésorière du Syndicat des professionnels en soins de la Chaudière-Appalaches, Patricia Pouliot.

Seulement dans les 24 dernières heures, 20 infirmières de l’Unité ont dû prolonger leur quart de travail.

«Il y a des gens qui en 48 heures ont fait 32 heures de temps supplémentaire. C’est inhumain! On ne peut pas continuer comme cela, a déploré Mme Pouliot. Est-ce qu’on peut leur reprocher de ne pas être présentes à leur prochain quart de travail?»

En fin d’après-midi samedi, des discussions avec la direction ont permis de combler les besoins en soirée, tout en limitant les heures supplémentaires.

«Les gens, ça fait un an et demi qu’ils portent le système à bout de bras. On leur demande encore du temps parce que des solutions s’en viennent. Les solutions, il fallait les avoir au jour 1, pas maintenant», a poursuivi la trésorière.

La crise vécue ce week-end en Chaudière-Appalaches s’ajoute à la longue liste d’incidents où des infirmières ont été poussées à bout en raison de la charge de travail trop grande.

Simon Clark/Agence QMI

Pierre Blain, le président-directeur général des Usagers de la santé du Québec, rappelle que ce manque de personnel implique que les patients ne reçoivent pas les meilleurs soins.

«On n’est pas capable de soigner correctement les gens. On retarde les chirurgies parce qu’on n’a pas suffisamment d’infirmières aux soins intensifs et dans les salles d’opération», a-t-il fait remarquer.

Québec Solidaire blâme François Legault

Vendredi, la députée de Québec solidaire dans Taschereau, Catherine Dorion, a fait une sortie publique sur le sujet. Elle a mentionné qu’après tous les sacrifices faits par les Québécois pour respecter les mesures sanitaires, il est temps que le gouvernement fasse sa part.

«Ça me choque tellement de voir qu’une de nos plus grandes richesses au Québec, notre système de santé, François Legault achève de le “crisser” à terre», a soutenu Mme Dorion.

Depuis de nombreuses années, les infirmières revendiquent de meilleures conditions de travail.

«La fin du temps supplémentaire obligatoire, des formations rémunérées, des conditions de travail qui ont de l’allure, des ratios patients-infirmière qui ont de l’allure et si tu n’es pas capable de faire cela, fais un plan», a ajouté la députée en claquant des doigts.

La quatrième vague de la pandémie qui bat son plein et la hausse des cas quotidiens de COVID-19 laissent présager le pire pour les prochains mois.