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Quatrième vague: la vague de trop?

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Illustration Adobe Stock

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Voilà bientôt une année et demie que nous nous battons contre un ennemi invisible, mais dont les ravages sont bien réels partout sur la planète et au cœur de nos foyers. Et dire qu’au début de cette pandémie, on nous prédisait que le confinement ne serait qu’une affaire de quelques semaines...

Depuis cette époque qui nous semble parfois très lointaine, nous avons affronté bien des tempêtes... et bien des vagues. La fin de chacune d’entre elles était l’occasion de cultiver l’espoir, de rêver à des jours meilleurs : exit le couvre-visage, la distanciation physique, la crainte des espaces clos ou d’une ventilation déficiente ! Même la vaccination, qui nous protège et nous évite les hospitalisations ainsi que les maladies graves, ne parvient pas à nous ramener rapidement à cette normalité que nous espérions tous tant retrouver. 

(Encore) une autre vague ? 

Et voilà que se pointe une nouvelle vague, la quatrième (!). On voit à nouveau les cas et les hospitalisations augmenter, surtout chez les personnes non vaccinées. Autour du globe, plusieurs pays reviennent à un confinement plus strict, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Israël, après avoir bénéficié d’une période de grande liberté. Eux aussi commencent sans doute à trouver que les récréations et les pauses de la COVID-19 sont de (trop) courte durée...  

Si la pandémie nous a fait découvrir notre grande capacité d’adaptation et nous a appris à jongler avec l’incertitude, le télétravail, l’école à la maison, l’insécurité financière, elle continue de nous demander beaucoup d’efforts, jour après jour. Sans compter de trop nombreuses personnes qui ont fait le deuil d’êtres chers depuis le début de cette crise. 

Après toutes ces épreuves, dont certaines particulièrement douloureuses, il est tout à fait normal de vivre une « fatigue pandémique » et de sentir que nos batteries psychologiques commencent à s’épuiser. Selon un sondage de l’Institut national de la santé publique du Québec, à la fin du mois de juin, 87 % des Québécois croyaient que l’on voyait la lumière au bout du tunnel, et que le pire de la pandémie était derrière nous. Au début du mois d’août, bien que ce pourcentage ait diminué alors que le variant Delta s’installait graduellement ici, il demeure à la fois étonnant et remarquable que 69 % d’entre eux estimaient que le pire de cette crise était passé, gardant ainsi espoir, malgré tout.

Pour ne pas se laisser submerger

Cette crise, exceptionnelle à tous les points de vue, ressemble parfois à un marathon sans fin, voire à un labyrinthe à la sortie introuvable. Pourtant, nous avons déjà tous fait preuve d’une endurance exceptionnelle à composer avec cette grande insécurité devant un avenir incertain.

L’avenir n’apparaît guère radieux pour bien des gens... mais quelqu’un sait-il vraiment de quoi il sera fait ? Il y a un an, qui aurait pu croire que nous aurions accès à autant de vaccins au Canada ? Si devant l’inconnu une certaine vigilance reste de mise, anticiper systématiquement le pire des scénarios n’est pas sans conséquence. 

Il est important de porter une attention particulière et de prendre soin de nos relations, car avec la fatigue et l’usure psychologique qui s’accumulent, notre patience peut être mise à rude épreuve. Ainsi, et au risque de me répéter, tâchons de nous montrer bienveillants et indulgents envers nous-mêmes et envers ceux qui nous entourent. Tentons aussi de préserver un certain sentiment de contrôle des éléments de notre vie qui sont à portée de main, autour de soi. Cela favorisera une meilleure gestion de nos inévitables frustrations et permettra par le fait même d’éviter ou de réduire les dérives et autres excès de colère. 

Depuis le début de cette pandémie, nous aurons appris que certaines vagues sont moins fortes que d’autres. Nous devrons continuer de traverser cette épreuve un mois à la fois, et tenter de profiter des quelques moments de répit qui s’offrent à nous. Enfin, et surtout, il faut garder à l’esprit que nous avons déjà parcouru un chemin infiniment plus long que ce qui nous attend en matière d’adaptation.