/news/green
Navigation

Trop d’incendies de paillis

CASA 0502 Fleurs et potager
Courtoisie Albert Mondor Fabriqué principalement de résidus de bois de sciage, le paillis sert depuis longtemps à empêcher la repousse des mauvaises herbes. Elle bloque aussi la prolifération d’insectes.

Coup d'oeil sur cet article

Des pompiers veulent sensibiliser la population au danger que représentent les très inflammables paillis de cèdres qu’on retrouve dans les plates-bandes alors que les temps chauds pourraient durer jusqu’à la fin septembre. 

De nombreux services d’incendie consultés par Le Journal dans différentes régions du Québec craignent que la sécheresse de cette fin d’été favorise les incendies qui prennent naissance dans les paillis de cèdre et pots de fleurs. Provoqués le plus souvent par des mégots de cigarettes, 245 feux ont causé plus de 2,4 M$ de dommages l’an passé à Montréal seulement, selon des données du service de sécurité incendie de la ville de Montréal.  

À Québec, une trentaine d’incidents causés par ces combustibles sont répertoriés chaque année, selon celui de Québec. 

« Les gens ne sont pas assez conscients des risques que représente le paillis de cèdre et même la terre des boîtes à fleurs », affirme le directeur du Service d’incendie de la ville de Chambly, Alexandre Tremblay. 

Fumer dehors

« Comme les gens ne fument plus dans les maisons, ils utilisent les balcons et terrasses pour griller leur cigarette. Trop d’entre eux jettent leurs mégots sans les éteindre. Ça peut être très dangereux dans un paillis sec », dit Louise Desrosiers, cheffe de la formation en prévention incendie à la Ville de Montréal. 

Même son de cloche pour Jean-Maurice Marleau, directeur du service de sécurité incendie de Beauharnois : « C’est un problème grandissant qui nous préoccupe beaucoup, surtout en période de canicule. »

Fabriqué principalement de résidus de bois de sciage, le paillis (des copeaux de cèdres) sert depuis longtemps à, entre autres, empêcher la repousse des mauvaises herbes. L’ennui, c’est que ce bois devient très sec en période de faible précipitation. Environnement Canada a en effet annoncé récemment que l’été pourrait perdurer et que septembre s’annonce bien chaud dans le sud de la province.

Incidents récents

Trois incendies récents ont d’ailleurs pris naissance dans un jardin ou une boîte à fleurs. En juin dernier, un feu a détruit complètement une maison de la rue Michel-Levasseur à Chambly, jetant quatre personnes à la rue. Même si l’enquête n’est pas terminée sur les causes du sinistre, le paillis à l’arrière pourrait être en cause.  

Cette maison de Chambly a brûlé en juin dernier vraisemblablement à cause d’un article de fumeur qui a enflammé du paillis à l’arrière.
Mathieu-Robert Sauvé
Cette maison de Chambly a brûlé en juin dernier vraisemblablement à cause d’un article de fumeur qui a enflammé du paillis à l’arrière.

Un feu de ce type a mobilisé 10 pompiers le 31 juillet dernier à Beauharnois. Un citoyen aurait jeté son mégot de cigarette dans le parterre où il y avait du paillis en début de soirée ; les braises ont couvé pendant plus de quatre heures avant de s’enflammer. 

Le 5 août, c’est un immeuble de huit logements de la rue Lapierre, à Québec, qui a été la proie des flammes. Cause la plus probable selon le service de protection contre les incendies : un mégot de cigarette jeté dans une boîte à fleurs. 

CASA 0502 Fleurs et potager
Mathieu-Robert Sauvé

Faut-il interdire les matières inflammables qui se cachent dans nos jardins ? « Je ne le crois pas, répond Mme Desrosiers. Il faut plutôt sensibiliser les gens aux dangers qu’ils représentent. »

Du paillis qui ne brûle pas! 

Une compagnie de Boucherville a lancé un type de paillis qui ne s’enflamme pas et qui pourrait remplacer les fibres de bois sec dont l’inflammabilité préoccupe les services d’incendie. 

« Même en le chauffant à la torche de plomberie, il ne fait pas de flamme », lance Steve Savaria, vice-président de l’entreprise Les Matériaux Savaria.

CASA 0502 Fleurs et potager
courtoisie

C’est à la suite d’une rencontre internationale sur les produits horticoles, en Europe, que l’entreprise a décidé d’acquérir le produit de la firme allemande Cemwood.  

« Nous avions des demandes depuis quelques années de produits plus durables que le paillis de cèdre le plus courant. Plusieurs clients nous ont rapporté des cas de feux dans des parterres. En Montérégie, c’était particulièrement inquiétant », explique M. Savaria.  

Le paillis inflammable de la compagnie Les Matériaux Savaria est recouvert d’une couche de roche.
Courtoisie
Le paillis inflammable de la compagnie Les Matériaux Savaria est recouvert d’une couche de roche.

Le paillis GaLa DECO STIXX est un paillis « minéralisé » en ce sens que chaque morceau de bois est recouvert d’une mince couche de roche qui l’empêche de brûler. 

Bien qu’il coûte environ quatre fois plus cher que le paillis le plus courant, son prix serait amorti après quelques années, assure M. Savaria. « Il est plus durable, car il ne faut pas le remplacer annuellement. Et il est plus sécuritaire. »

À VOIR AUSSI