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Grand Chelem: rendez-vous raté avec l’histoire

Medvedev prive Djokovic du Grand Chelem et remporte au US Open le premier titre majeur de sa carrière

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Novak Djokovic a raté son rendez-vous avec l’histoire. Hier au US Open, le Serbe tentait de devenir le premier joueur en 52 ans à remporter le Grand Chelem, les quatre titres majeurs en une saison. Mais le Russe Daniil Medvedev en a voulu autrement. 

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Jouant un style similaire à celui auquel Djokovic nous a habitués, Medvedev a laminé le numéro 1 mondial 6-4, 6-4 et 6-4 en 2 h 16 min pour enlever, à 25 ans, son premier trophée du Grand Chelem. 

Djokovic est complètement passé à côté de sa chance de succéder à l’Australien Rod Laver, dernier homme à avoir réussi le Grand Chelem dans l’ère moderne. 

Et d’imiter l’Allemande Steffi Graf, qui avait accompli l’exploit en 1988, en plus de mettre la main sur l’or en simple aux Jeux olympiques de Séoul. 

Larmes de tristesse... et de joie

Le titre à New York lui aurait permis de devancer ses deux contemporains – le Suisse Roger Federer et l’Espagnol Rafael Nadal – en remportant son 21e titre majeur. 

En réussissant le Grand Chelem, Djokovic aurait aussi réalisé un fait d’armes que les deux autres grands des deux dernières décennies, maintenant au crépuscule de leurs carrières, n’ajouteront sûrement jamais à leur palmarès. 

En pleurs sur sa chaise avant même la fin du match, Djokovic semblait démoli par la tournure des événements. Mais ce n’étaient pas que des larmes de tristesse, a-t-il révélé après le match. 

« Bien sûr, j’étais déçu de la défaite. L’enjeu était si grand. Mais en même temps, la foule m’a fait ressentir quelque chose que je n’avais jamais connu », a déclaré le favori aux journalistes. 

« Son énergie, son amour, je vais m’en souvenir toute ma vie. C’est pourquoi j’étais en larmes au changement de côté. C’était aussi fort que de remporter un 21e titre en Grand Chelem. »

Grands enjeux

La rencontre était pourtant remplie de promesses. 

Des deux côtés du terrain, le numéro 1 et le numéro 2 mondial. Et l’enjeu était grand pour chacun d’eux : il y avait bien sûr ce fameux Grand Chelem de Djokovic, mais aussi la possibilité d’un premier majeur pour Medvedev. 

Et c’est ce dernier qui s’est illustré dès les premiers coups de raquette de la finale. Puis sur toute la durée du match. 

Plus en jambes (Medvedev avait passé quelque 5 heures de moins sur le terrain que Djokovic), le Russe y est allé d’une démonstration de puissance sur son service. 

Le deuxième favori a claqué 16 as et quelques deuxièmes balles aussi puissantes que ses premières. Il a cogné 38 coups gagnants, 11 de plus que Djokovic. Il a brisé quatre fois son rival, qui a finalement réussi son premier bris tard en troisième manche. Trop tard.

Hommage de Medvedev

Le tout devant 23 000 spectateurs qui, désireux de voir l’histoire s’écrire sous leurs yeux, encourageaient fortement Djokovic.

« Je ne l’ai jamais dit à personne, mais tu es selon moi le plus grand joueur de l’histoire », a humblement déclaré Medvedev à Djokovic, dans son discours d’après-match. 

S’il n’a jamais semblé dépassé par l’ampleur de l’enjeu au cours de la quinzaine, Djokovic a reconnu en conférence de presse être soulagé que le tournoi soit terminé. 

« Je suis heureux que ce soit fini. Émotionnellement, mentalement, le tournoi et les dernières semaines ont été difficiles. Je suis triste du dénouement, mais heureux de ce que la foule m’a apporté. » 

À 34 ans, Djokovic conclut la saison avec une fiche de 27-1 en tournois majeurs. Un exploit en soit. La preuve aussi qu’il demeure, malgré la défaite d’hier, l’homme à battre sur le circuit masculin. 

Medvedev, lui, aura écrit son nom dans les annales du tennis comme étant celui qui a privé Djokovic de son Grand Chelem. 

« Je me sens mal pour Novak, car j’imagine ce qu’il peut ressentir. Mais battre un joueur qui était 27-0 en Grand Chelem, ça me donne beaucoup de confiance pour la suite », a commenté Medvedev, qui en était à sa troisième finale dans un tournoi majeur, après les Internationaux des États-Unis 2019 et les Internationaux d’Australie, en début d’année. 

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