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L’amour de nos parents régnait dans la maison

Tournoi de golf de la Fondation du CHUM
Photo d'archives, Martin Chevalier Claude Meunier

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Ma vie dans le monde du sport m’a permis de me lier d’amitié avec des personnalités de la colonie artistique. Je suis nerveusement debout devant Claude Meunier, car je veux parler de sa jeunesse avec lui. L’erreur que j’ai commise est simple, c’est de ne pas m’être souvenu que les grands dans ce monde, dans toutes les facettes de la vie, sont toujours prêts à aider quelqu’un.

Claude Meunier est un acteur, dramaturge, humoriste et réalisateur québécois. Il se considère chanceux d’avoir trois filles, dont Juliette est l’aînée. Il m’a confié que l’amour de la femme de sa vie, Virginie Coossa, l’aide à rester jeune.


Où as-tu passé ta jeunesse ? 

Je suis natif de Montréal, sur la rue Drolet, dans Le Plateau-Mont-Royal. À un jeune âge, mes parents ont déménagé à Laval, dans le quartier Duvernay.  


Étais-tu un sportif ?

J’ai pratiqué plusieurs sports avec mes amis, mais jamais au sein d’une organisation sportive. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque où nous sommes arrivés à Laval, il n’y avait qu’un seul aréna, l’Auditorium de Laval, qui existe toujours. 


Quels sports aimais-tu pratiquer ?

Le hockey bottine dans les rues, le badminton, le tennis et le baseball. D’ailleurs, je joue encore régulièrement au tennis. 


« Perds-toi pas dans le bois », te disait ta mère.

Juste un petit rappel : j’ai vu la construction du centre d’achat de Duvernay. Alors, lorsque je quittais la maison pour jouer, c’était souvent dans le boisé pas loin de la maison familiale. 


Tu étais un jeune Émile Nelligan ?

C’est-à-dire qu’à l’école et à la maison, j’aimais beaucoup écrire. Mes sketches d’humour n’étaient pas nécessairement drôles. 


À quel endroit se déroulaient les vacances familiales ?

Ce n’était pas compliqué. Mon père conduisait la voiture avec maman, ma sœur, mon frère et moi à bord, à la découverte des différentes régions du Québec. À l’occasion, c’était un voyage à Atlantic City.


Décris-moi tes parents.

Je suis choyé. L’amour pour leurs enfants et l’humour régnaient dans la maison. Ils craignaient que le travail d’humoriste ne me suffise pas à faire vivre une famille.


Des spectacles au coût de 5 cents dans ton sous-sol. 

Michel Normandeau, qui quelques années plus tard est devenu un des membres fondateurs du groupe Harmonium, faisait la première partie en jouant de l’accordéon. Il était plus populaire que moi. 


Il y avait plus de spectateurs dans ton sous-sol qu’à tes premiers spectacles d’humour ?

Lors de notre première tournée d’humour avec Jacques Grisé, Serge Thériault, qui a été mon coach, et moi nous présentions notre spectacle devant une foule en délire de huit personnes, et même dix à l’occasion.


Henri Richard et Gilles Girard, des Classels, demeuraient dans ton quartier. 

Lorsque je croisais Henri Richard, son regard voulait tout dire. Mon jeune souvenir de Gilles Girard s’est déroulé lorsque je l’ai aperçu en train de se procurer des bâtons de hockey à la quincaillerie Handy-Andy.


Pourquoi as-tu vendu la vieille voiture Austin ?

La vieille voiture Austin appartenait à Céline, la sœur de mon compagnon de voyage, Roland Viau. Nous désirions faire le tour de la Californie en voiture. Cependant, une fois arrivés à Portland, la voiture nous a tout simplement abandonnés. On a communiqué avec Céline pour lui dire qu’on avait brûlé le moteur de la voiture. Elle nous a dit de vendre la voiture. Prix de vente et d’achat : 30 $. 


Tu as poursuivi ton voyage en faisant de l’auto-stop.

Dans les années 1960, voyager en faisant de l’auto-stop était de mise. Une fois arrivé à Banff, j’ai changé ma façon de voyager. Un coup de téléphone à mon père : « Papa, peux-tu m’envoyer de l’argent afin que je puisse m’acheter un billet de train pour la destination de Montréal ? ». 


Parle-moi de tes premiers emplois d’été.

Commençons avec mon expérience de moniteur dans un camp de jeunesse à l’âge de 16 ans. Nous avons quitté Montréal avec près de 100 jeunes pour aller à Vancouver en autobus scolaire. Un voyage mémorable pour ma colonne vertébrale. 


Tu as aussi été un artiste-peintre ?

Un instant, Rodger, je n’ai pas été un artiste-peintre. Je peinturais l’intérieur des maisons.


As-tu peinturé ton appartement à Montréal ?

Michel Normandeau et moi étudiions à l’université. Cela m’a permis d’être le décorateur de notre appartement que nous avions aménagé. 


Tu as peinturé les chambres en mauve, brun, et la tienne en noir ? 

Mon choix de couleurs était peut-être un peu hors de l’ordinaire. D’ailleurs, il faisait tellement noir dans ma chambre que j’avais peur d’y entrer avant de m’endormir.


Yvon Deschamps t’a tellement aidé.

J’étais tout jeune et avant même de pratiquer le métier d’humoriste, j’adorais Yvon Deschamps. C’est un homme que j’aime beaucoup et je lui souhaite un prompt rétablissement.


Tu étais sur scène avec lui au Gala de l’ADISQ.

C’était une première pour moi. Je me considère privilégié d’avoir partagé la scène avec lui, mais j’étais tellement nerveux. 


Je suis confus, tu me dis que le barbier Menick t’a inspiré.

À l’époque, Marc Messier et moi écoutions Menick faire ses entrevues à la télévision. Il parlait toujours de lui-même à la troisième personne. Après les émissions, et encore aujourd’hui, Marc Messier et moi nous nous parlions parfois à la troisième personne. J’ai alors créé le personnage de Réjean dans La petite vie.


Vous vous passiez la rondelle.

Nous formions une équipe et chaque comédien avait son moment pour se démarquer. 


J’aimerais bien parler de ta carrière, mais ça sera pour une prochaine fois.