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Leylah le courage, Emma la mitraille

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Photo AFP Le nom de la jeune Leylah Fernandez n’a pas fini de résonner dans les sphères du tennis.

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Il y a eu Monica la mitraille qui jouait de la mitraillette. On a eu droit, hier et depuis deux semaines, à Emma la mitraille qui, elle, joue de la raquette.

Sur le grand central et devant 21 000 personnes, la meilleure joueuse a gagné. Emma Raducanu était plus fluide, plus précise et plus puissante que Leylah Fernandez. Cette fille fait penser à Roger Federer tellement elle est douée et fait paraître faciles les coups les plus compliqués.

Et puis, faut le dire, Leylah Fernandez n’a pas disputé son meilleur tennis. Dès le début, on l’a sentie tendue et fébrile. Trop de doubles fautes et de fautes non provoquées ont pesé lourd sur son match. 

Leylah s’est battue férocement et avec une détermination qui n’a jamais faibli. Mais la pression qui avait toujours été sur ses adversaires pesait sur ses frêles épaules en finale.

Elle affrontait plus jeune qu’elle, elle affrontait une fille issue des qualifications. Ça faisait beaucoup à gérer.

QUELLE BELLE DÉCOUVERTE !

Mais même dans la défaite en finale, Leylah Fernandez a gagné la bataille de l’affection. On l’a sentie plus authentique, plus vraie. Plus soucieuse des gens, consciente en plus qu’hier, c’était le vingtième anniversaire d’un horrible attentat qui a défiguré New York. 

Elle a failli craquer en une seule occasion. Elle avait une balle de bris à 5-3 et avec un autre point, elle pouvait revenir à service égal en servant à 5-4. 

Raducanu a alors glissé et s’est infligé une légère éraflure au genou gauche. Honnêtement, un diachylon et trente secondes, le jeu aurait pu reprendre dans l’élan du bris.

Mais l’arbitre a décidé d’accorder une pause médicale qui s’est éternisée pendant cinq minutes, Leylah s’est énervée et a repris le match avec un reste de frustration refoulée. 

Cinq minutes plus tard, Emma Raducanu était championne.

Faut être honnête, ce n’est pas un plaster qui a coûté la victoire à Mlle Fernandez. Mais la Québécoise n’avait pas besoin de cette pause. Mais pas pantoute.

MILLIONNAIRE... ET PLUS

Leylah Fernandez est millionnaire ce matin. Ça ne pouvait arriver à meilleure femme. Ni à meilleure famille. Et elle a quinze ans devant elle pour faire fructifier son talent. Physiquement, Emma Raducanu est plus mûre qu’elle. Leylah va devoir travailler pour améliorer sa première balle de service et utiliser davantage sa vitesse pour monter au filet. 

Parce que la vie continue. Et qu’elle va retrouver sur son chemin les mêmes battantes qu’elle a vaincues au cours des deux dernières semaines. Le contexte va être différent, elle devra même être encore meilleure pour se frotter à l’élite mondiale.

Surtout qu’Emma Raducanu va se retrouver encore sur son chemin pendant ces quinze ans.

Mais en attendant, tout le Québec, tout le reste du Canada et une bonne partie du monde qui a suivi cette fabuleuse épopée peuvent dire un beau et sincère merci à Leylah Fernandez.

Elle a rappelé à une partie de l’humanité que les bonnes filles ne finissent pas toujours dernières.

Et que perdre une finale de Grand Chelem est déjà une grande réussite. Elles sont des milliers de joueuses dans la WTA et dans les académies de tennis en Amérique, en Europe, en Australie ou en Asie qui se permettent à peine d’y rêver.

Leylah, elle, l’a fait ! 

La mort de l’Impact 

Je ne comprends pas ce qui se passe avec notre club de soccer de Montréal. Quand c’est rendu que tu expulses tes meilleurs partisans en condamnant toute une section, il faut que la situation ait complètement dérapé.

Je ne comprends pas après tous ces mois la décision de Kevin Gilmore de changer le nom de l’équipe et son logo. 

En 1980, je suis tombé amoureux d’une belle bande de joueurs qui s’appelaient le Manic. Ils ont rempli le stade olympique tellement les gens tripaient avec eux.

À la troisième saison dans la North American Soccer League, pour suivre l’exemple des États-Unis qui avaient rebaptisé une de ses équipes Team America, le Manic est devenu Team-Canada. 

Un an plus tard, Montréal perdait son équipe. 

SAPUTO EST SOLIDE

Je ne crains pas pour la survie de l’équipe à Montréal. Joey Saputo est solide. Mais je ne comprends pas pourquoi on a sacrifié un nom et un très beau logo auquel les fans étaient attachés depuis plus de 25 ans.

Me semble que le CH ou le N du Canadien et des Nordiques dans le temps, sont des symboles presque sacrés. Qu’il faut préserver pour mieux établir le marketing de l’équipe. 

Je me dis que Kevin Gilmore sait des choses que l’on ignore toujours et qu’il avait de bonnes raisons d’entreprendre cette guéguerre avec ses plus loyaux clients.

Mais en attendant la trêve et espérons-le, un armistice, on peut commencer à se poser de grosses questions.