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Rouler vers Natashquan... et connaître Jack Monoloy!

0911 WE Réjean Tremblay
Photo courtoisie Les galets, Natashquan

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Après 1500 km assis sur la moto à s’émerveiller sur la 138 en regardant le golfe à sa droite, on marche tout ému sur le sable menant aux maisons des galets. Sur une pointe, elles semblent vieillottes et vulnérables face aux vents et aux embruns.

Et on a le cœur serré parce qu’on écoute Jack Monoloy en marchant. Et que nulle part au monde, les chansons de Gilles Vigneault peuvent vous étreindre comme elles le font à Natashquan.

Après l’orage...
Photo courtoisie
Après l’orage...

Natashquan, c’est le village de Gilles Vigneault. Mais c’est bien plus. C’est l’univers du grand Vigneault. Petit village de 250 habitants perdu au bout de la route. Chanté jusqu’à Paris et Bruxelles.

Un village de vents, de mer, de rivières fougueuses, d’oies, de maisons multicolores et de trottoirs en bois.

Un village où, plus que n’importe où ailleurs, mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver.

Un village où la maison à Dilon a donné la Danse à St-Dilon, où l’histoire de Jack Monoloy bouleverse les cœurs.

Maisons ancestrales
Photo courtoisie
Maisons ancestrales

LE VRAI JACK MONOLOY

L’histoire du vrai Jack Monoloy, c’est Évelyne qui nous l’a racontée dans la petite école restaurée. Cette grande passionnée nous a appris que Jack Monoloy, ce fier Indien qui n’avait pas le droit d’aimer sa belle Mariouche et qui finit mort au fond des lacs, était le grand amoureux de la Mariouche. Son vrai nom était Marie Landry... et elle devint la mère de Gilles Vigneault.

Cette belle Marie, je suis allé la rencontrer à Pointe-Parent, à moins de 10 km de Natashquan alors qu’elle visitait sa fille. C’était en juin 1977.

Un jeune Gilles Vigneault
Photo d'archives
Un jeune Gilles Vigneault

Un demi-siècle plus tard, les maisons sont plus colorées et Natashquan est devenue une légende. Il y a un petit café face à la maison Vigneault, il y a la maison à Dilon, il y a des visites guidées, il y a un accueil pour les touristes à l’entrée du village. Mais il y a le golfe, les rivières et les épinettes qui suffisent à vous transporter ailleurs.

J’en ai appris beaucoup sur les histoires que racontent les chansons de Vigneault. De Jos Hébert à la Danse à St-Dilon. D’ailleurs, le grand poète de 92 ans vient passer ses vacances d’été à Natashquan. À défaut de l’avoir raté de quelques jours, on m’a fait visionner un film en noir et blanc présentant une entrevue réalisée devant la galerie de la maison familiale. Le journaliste de Radio-Canada fait bien prétentieux devant la bonhomie géniale de Vigneault.

Le golfe
Photo courtoisie
Le golfe

CHEZ JULIE ET LES FRUITS DE MER

Mais avant Natashquan, les retrouvailles avec la Côte-Nord ont été merveilleuses. Si la Gaspésie a été le coup de cœur des Québécois en 2020, la Côte-Nord a été envahie cet été. On est passé d’environ 25 000 visiteurs à 45 000 à 50 000 en 2020, avec tous les débordements qu’on peut imaginer, à environ 100 000 émerveillés en 2021. C’est simple, que ce soit aux Escoumins, à l’hôtel Pelchat ou au Château Arnaud, à Sept-Îles, ou à l’hôtel du Havre, à Havre-Saint-Pierre, tout était complet, sept jours sur sept depuis la fin de mai.

Les gens avaient décidé de ne pas limiter leur plaisir à la visite aux baleines à Tadoussac et aux Escoumins.

Quant aux restaurants, les meilleurs, comme Les Bouleaux, aux Escoumins, ou Chez Omer, à Sept-Îles, ils affichent toujours complet et doivent se débrouiller avec une pénurie chronique de main-d’œuvre. Chez Omer a été racheté par Assane Sakho, un jeune Sénégalais et continue d’être la place en ville à Sept-Îles.

0911 WE Réjean Tremblay
Photo courtoisie

À Havre-Saint-Pierre, toutes les recommandations de voyageurs ou d’amis sur Facebook nous obligeaient à aller manger Chez Julie, rue Dulcinée. Ça ne s’invente pas.

Théo Ganas, le propriétaire, fait des affaires d’or malgré la pénurie de personnel. C’est simple, les gens commencent à faire la queue à quatre heures moins quart. À compter du mardi.

L’assiette du chalutier, un savant assemblage de homard, de crabe, de pétoncles, de flétan, de morue et de crevettes du golfe, à 75 $, va vous obliger à marcher jusqu’à votre hôtel. Heureusement, le Havre n’est pas une grosse ville avec ses 3500 habitants.

Mais c’est une ville industrielle, et surtout, avec le célèbre archipel des îles Mingan, c’est une destination touristique de plus en plus prisée. On peut aussi visiter la Romaine et les activités ne manquent pas.

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Photo courtoisie

LA NOUVELLE 138

Natashquan a longtemps été un village en dehors du temps... et de la géographie. La route 138 s’arrêtait à Havre-Saint-Pierre. Après des décennies de promesses électorales, grâce surtout aux efforts de Brian Mulroney, le p’tit gars de Baie-Comeau, on a enfin inauguré les 151 derniers kilomètres en 1996.

C’est une route magnifique, parfois sinueuse, bordée d’épinettes brûlées par les feux, traversant des rivières tumultueuses et conservée en très bon état. Partout, la présence des Innus est soulignée. Par des noms donnés aux rivières ou par des enseignes. Sur cette Côte-Nord, les Autochtones ne vivent pas en parallèle. Ils vivent avec les gens.