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Diplomatie du vaccin: la Chine devant les États-Unis?

Le vaccin Sinopharm
Photo AFP Le vaccin Sinopharm

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Nous le savons bien, pour lutter contre la pandémie et éviter le développement de variants, il faudra vacciner toutes les régions du monde. Pendant qu’une partie de la zone occidentale envisage un recours à une troisième dose, à certains endroits du globe (58% de la population mondiale) on attend toujours une première injection.

La semaine dernière, Joe Biden s’est entretenu au téléphone avec le président Xi Jinping, dont les représentants font peu de cas des émissaires américains, quand ils ne les ignorent pas totalement.

Soucieux de préciser ses attentes dans le contexte de la rivalité commerciale, le président américain souhaitait également ouvrir le dialogue sur une possibilité de collaboration dans la lutte contre le réchauffement climatique.

À ces négociations difficiles s’ajoute le dossier de la lutte contre la COVID-19. Si le gouvernement chinois a refusé d’envisager une totale transparence sur les origines du virus, il pourrait maintenant damer le pion au géant américain qu’on a montré du doigt pour sa faible contribution à la vaccination mondiale.

Joe Biden peut bien promettre des millions de doses, Xi Jinping pourra fort probablement livrer la marchandise avant lui. Le site Axios rapportait lundi matin que la Chine intensifie la production de ses vaccins Sinopharm, Sinovac et CanSino. Là où on attendait une aide américaine ou occidentale, le sauveur sera peut-être chinois.

Le retard américain ou occidental est justifié par la complexité de la production des vaccins, surtout l’ARN messager. De plus, le développement des vaccins repose sur une collaboration avec les grandes entreprises pharmaceutiques, donc le secteur privé.

Même si, au départ, on comprenait que les capacités de production soient plus restreintes ou qu’on respectait le désir des dirigeants de vacciner leur population en premier (les contribuables ont contribué à produire les vaccins), on réagit plus mal à la possibilité de vacciner les jeunes ou d’offrir une troisième dose, alors qu’on peine ailleurs.

Cette course, qui anime ce qu’on pourrait appeler la diplomatie du vaccin, semble donc favoriser la Chine pour le moment, mais de récentes avancées permettent aux Occidentaux et, conséquemment, à une partie de la planète, d’envisager une meilleure répartition des vaccins.

Que ce soit parce qu’on améliore la capacité de production ou parce qu’on accepte de plus en plus les transferts de technologies, Pfizer ou Moderna seront bientôt en mesure de distribuer leurs vaccins au-delà de la seule sphère occidentale. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour 58% de gens qui ne sont toujours pas vaccinés, mais aussi d’une bonne nouvelle pour nous.