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Enfin un peu de justice

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Je lisais ce matin l’article de la journaliste Erika Aubin qui traitait de la condamnation du prêtre Jean Pilon de la congrégation des Clercs de Saint-Viateur, qui a plaidé coupable à 12 accusations de grossière indécence. Des histoires d’agression qui remontent aux années 1980. 

Ce professeur de pastorale profitait de sa position d’autorité ainsi que de celle de conseiller pour détruire la vie d’innocents étudiants de secondaires 1 à 5 du collège Bourget. 

J’ai vécu ça dans ma jeunesse, me faire tripoter par le curé, en me faisant dire de me taire. J’ai enfoui ce secret en espérant qu’il disparaisse. Mais ça n’est pas arrivé et je l’ai payé cher.

Je l’ai payé de mon équilibre émotif et psychologique puisque je n’ai jamais eu de vie amoureuse digne de ce nom. Je me suis évadé dans l’alcool et les drogues pendant un temps. Puis ce fut le travail à outrance. 

J’en ai tellement voulu à cet homme, que certains jours, si je l’avais eu devant moi, je l’aurais étranglé à mains nues. Incapable de le dénoncer, j’ai rêvé que quelqu’un d’autre le faisait et qu’il payait pour ses fautes, mais ça n’est jamais arrivé.

Je me retrouve à 80 ans avec ce secret en dedans de moi et l’espoir de l’emporter dans ma tombe sans que personne ne sache jamais. Après m’avoir enlevé ma vie, cet homme est mort sans jamais avoir payé pour son crime !

Victime jusqu’à ce que mort s’ensuive

Même si ce monstre n’est plus de ce monde, qu’est-ce qui vous empêche d’entreprendre une démarche pour lui remettre sur les épaules la responsabilité de ce qu’il vous a fait ?

Vous ne pensez pas avoir payé assez longtemps pour ce crime dont vous êtes la victime ? Dénoncer pour obtenir justice est une chose. Mais entreprendre une thérapie de reconstruction me semblerait un must pour vous permettre de parcourir votre dernier bout de vie dans un état vous offrant la sérénité et la paix. Pensez-y, il en va de votre équilibre intérieur personnel !