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Le chef de l’ONU appelle à aider l’Afghanistan et ses femmes

Le chef de l'ONU, Antonio Guterres
Photo AFP Le chef de l'ONU, Antonio Guterres

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GENÈVE | Le chef de l’ONU a lancé lundi un urgent appel à l’aide pour l’Afghanistan, au début d’une réunion ministérielle qui doit permettre de lever plus de 600 millions de dollars pour aider le pays et défendre les droits des Afghanes menacés par les talibans.

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«Les Afghans ont besoin d’une bouée de sauvetage» pour faire face à ce qui est peut-être leur «heure la plus grave», a lancé António Guterres. 

Il a fait le déplacement au siège genevois de l’ONU, où plusieurs dizaines de ministres de pays donateurs — en présentiel et en virtuel — doivent promettre leur aide au pays, désormais dirigé par les talibans après une longue guerre de reconquête contre un régime soutenu pendant 20 ans à bout de bras par la communauté internationale. 

À une économie en cours d’effondrement viennent s’ajouter une grave sécheresse et la pandémie de COVID-19, a rappelé M. Guterres, soulignant que les organisations humanitaires ont besoin de 606 millions de dollars d’ici la fin de l’année pour subvenir aux besoins de 11 millions d’Afghans, sur un total de 38 millions d’habitants.

Il a annoncé que l’ONU elle-même allait prélever 20 millions de dollars d’un fonds d’aide d’urgence pour soutenir immédiatement l’action des organisations humanitaires.

Le patron de l’ONU a réclamé un accès garanti au pays pour acheminer l’aide et le personnel, mais il a aussi demandé un accès sûr aux zones qui ont le plus besoin d'aide.

Dans son bref propos liminaire, M. Guterres a aussi insisté sur «la nécessité de sauvegarder les droits des femmes et des filles en Afghanistan, y compris par l’accès à l’éducation et à d’autres services essentiels». 

«L’un des points positifs en Afghanistan aujourd’hui, c’est une nouvelle génération de dirigeantes et d’entrepreneures éduquées qui se sont multipliées depuis deux décennies», a-t-il insisté, alors que les talibans commencent à imposer des restrictions aux activités des femmes depuis la chute de Kaboul, le 15 août. 

«Les femmes et les filles afghanes veulent s’assurer que les progrès ne seront pas effacés, que les portes ne vont pas se fermer et que l’espoir ne sera pas éteint», a lancé M. Guterres.

Cette conférence, ce «n’est pas seulement ce que nous allons donner aux Afghans, c’est aussi ce que nous leur devons», a-t-il déclaré.

Engagements écrits

Le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths, qui était à Kaboul la semaine dernière, a déclaré que les talibans s’étaient engagés par écrit à faciliter l’aide et à protéger les travailleurs humanitaires.

M. Griffiths a lu des extraits d’une lettre où ils s’engagent «à lever tous les obstacles qui freinent [l’]aide et tous les projets sous la supervision de l’ONU et d’autres organisations internationales», à protéger «la vie, la propriété et l’honneur des travailleurs humanitaires» et à ne pas pénétrer dans les bases de l’ONU et autres ONG.

Selon M. Griffiths, les talibans ont réitéré également leurs engagements envers les droits des femmes, des minorités et la liberté d’expression, «dans le respect de la culture et de la religion».

Dans cette lettre, les talibans demandent l’aide de la communauté internationale pour la reconstruction et la lutte contre le narcotrafic.

Pour sa part, Filippo Grandi, le patron de l’agence de l’ONU responsable des réfugiés, qui s’exprimait par visioconférence de Kaboul, a demandé aux pays donateurs de verser les fonds sans condition pour qu’ils puissent être utilisés selon les besoins identifiés en Afghanistan.

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