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Meurtre de Valérie Leblanc: une décennie plus tard, la colère gronde

Après plus de 10 ans, la famille perd espoir que la police résolve le crime odieux

Valérie Leblanc
Photo courtoisie La victime Valérie Leblanc.

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Dix ans après le meurtre de Valérie Leblanc à Gatineau, la peine laisse place à la colère pour sa famille qui attend toujours des réponses et que justice soit rendue.

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« Ça fait dix ans qu’on accumule de la frustration et puis on garde ça en dedans de nous autres. Ce n’est plus de la peine que j’ai, c’est de la rage de voir l’injustice. [...] Aujourd’hui, je suis comme un vieux loup enragé », lance d’emblée Yves Leblanc, l’oncle et parrain de Valérie Leblanc, qui a toujours préféré rester dans l’ombre.

Yves Leblanc, Oncle de la victime.
Photo Clara Loiseau
Yves Leblanc, Oncle de la victime.

Le 23 août 2011, Valérie Leblanc, une jeune étudiante de 18 ans est retrouvée morte dans le bois en arrière du Cégep de l’Outaouais, à Gatineau, le corps brûlé et qui portait des marques de violences. Le crime a été perpétré alors que des centaines d’étudiants étaient en cours. C’était la deuxième journée de la rentrée pour Valérie.

Valérie Leblanc
Photo Agence QMI

C’est un groupe d’élèves de l’établissement d’enseignement qui avaient fait la macabre découverte. Ces derniers avaient d’ailleurs nui au travail d’enquête en altérant la scène de crime, notamment en jouant avec le corps qu’ils disaient prendre pour un mannequin de plastique.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’a porté aucune accusation contre eux pour outrage à cadavre.

Incompréhension

Pour Yves Leblanc, cela fait dix ans que la police n’effectue pas son travail.

« Maintenant [les policiers] l’ont mis dans un “cold case”, dans un tiroir et ils vont travailler dessus quand ils auront le temps et c’est tout. [...] Depuis tout ce temps, ils ne nous ont jamais appelés, même pour nous dire qu’ils sont encore sur le dossier », déplore celui qui s’est fait tatouer un loup noir sur le cœur en hommage à sa filleule.

Dans les jours suivants le drame, les proches se sont rassemblés à proximité du lieu où a été découvert le corps.
Photo Agence QMI
Dans les jours suivants le drame, les proches se sont rassemblés à proximité du lieu où a été découvert le corps.

À cause de cela, les proches de la jeune fille ont perdu confiance dans les capacités du service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) à éclaircir l’affaire et espoir que justice soit rendue, confie-t-il

« Ils auraient dû laisser la Sureté du Québec prendre l’enquête, mais à la place ils ont préféré se péter les bretelles », dit-il pensif.

À l’époque, ce portrait-robot d’un témoin important avait été publié.
Photo Agence QMI
À l’époque, ce portrait-robot d’un témoin important avait été publié.

Depuis la découverte du corps de Valérie, le SPVG dit avoir reçu et traité 2200 informations de la part du public, mais semble toujours nager dans un épais brouillard.

Volonté inchangée

Le 23 août dernier, à l’occasion des dix ans du meurtre, le SPVG a déployé un poste de commandement au Cégep de l’Outaouais, proche de l’endroit où le corps de Valérie avait été retrouvé.

Valérie Leblanc
Photo Agence QMI

« C’est juste pour bien paraître, pour la communication et l’image », croit M. Leblanc.

De son côté, Mathieu Guilbault, inspecteur aux enquêtes criminelles du SPVG assure être toujours sur l’enquête.

« Notre volonté n’a pas changé. Nous sommes dévoués et engagés pour résoudre cette affaire », a ajouté celui qui est sur ce dossier depuis quasi les tous débuts.

Valérie Leblanc
Photo Agence QMI

Aujourd’hui, Valérie Leblanc aurait eu 28 ans. 

« Elle avait un très, très grand cœur, elle aimait tout le monde et ne voyait jamais le mal dans les gens qu’elle rencontrait », raconte-t-il en esquissant un sourire avant de se plonger dans ses souvenirs des derniers moments qu’il a partagé avec sa nièce.

Écoutez le balado Synthèses, le cas Valérie Leblanc sur QUB radio.

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