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Hubert Lenoir: la thérapie musicale d’un mouton noir

Hubert Lenoir revient sur les années Darlène dans son nouvel album

Hubert Lenoir
Photo courtoisie Hubert Lenoir signe une lettre d’amour à la musique.

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Hubert Lenoir n’est pas sorti indemne du succès monstre de Darlène. Écorché par les réactions pas toujours tendres d’une partie du public quand il est devenu populaire, l’enfant terrible de la musique québécoise en a fait le thème central de son nouvel album, PICTURA DE IPSE : Musique directe.

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Casquette rouge Toyota sur la tête, assis calmement sur le banc d’un parc de la Basse-Ville de son patelin Québec, le talentueux auteur-compositeur-interprète cherche ses mots.

« C’est long, et je pense que je commence à l’accepter et que cet album va m’y aider, mais c’est long d’accepter dans la vie que tu es un mouton noir. »

Toute sa vie, Hubert Lenoir a senti qu’il ne fittait pas. À l’école, il a été victime d’intimidation. Dans un message récemment publié sur Instagram, il raconte une violente agression homophobe dont il a été victime, il y a une dizaine d’années, et qu’il a sérieusement pensé au suicide deux fois.

Quand les insultes se sont mises à côtoyer les marques d’affection, au plus fort de la vague Darlène, de vieux traumatismes ont refait surface.

« En tant qu’artiste, dit-il, je ne peux pas faire autrement que d’être influencé par ce que je vis, mais je pense qu’au final, l’album parle davantage d’ostracisation, de fluidité, de pression sociale, de matérialisme que de célébrité. »

La liberté

La musique a un effet thérapeutique pour Hubert Lenoir, et ça tombe bien, il est plutôt doué pour en créer.

PICTURA DE IPSE est une œuvre très personnelle, construite autour de sons ou de conversations que Lenoir enregistrait sur son iPhone, d’où le titre qui fait référence au cinéma direct de Pierre Perreault et Michel Brault.

La facture musicale est plus urbaine que Darlène, puisant encore dans la pop, mais aussi dans l’électro, le funk et le jazz, et met plus que jamais en évidence le don de l’artiste de Beauport pour pondre des mélodies qui séduisent dès la première écoute, comme les extraits Secret et Dimanche soir.

Ces vers d’oreille jouent aussi du coude avec des pièces énigmatiques et des reprises décalées, confiées au groupe Crabe, de classiques de Robert Charlebois.

Hubert Lenoir ne s’interdit rien et personne dans son entourage n’y trouve à redire.

« Tant le label américain qu’au Québec et en France, ils ont entendu l’album quand il était fini. Ils ont fait : yeah ! c’est cool. Je me considère extrêmement chanceux d’être à ce niveau et de pouvoir faire exactement ce que je veux. »

Pour celui qui se fait une fierté de chanter en français même en territoire anglophone, PICTURA DE IPSE est son album le « plus québécois ». À cause de ses références au cinéma direct et à celui à qui il a emprunté : Tout écartillé, Je reviendrai à Montréal et Les ailes d’un ange.

« Charlebois incarne pour moi quelqu’un qui était sans peur à son époque. Je ne peux pas faire autrement que de m’identifier fortement à quelqu’un qui a fait ça. C’est un hommage que je lui rends. »

Hubert Lenoir parle aussi de PICTURA DE IPSE comme de sa « lettre d’amour à la musique ».

« Parce qu’elle ne m’a jamais laissé tomber, explique-t-il. En fait, c’est une dette d’amour envers la musique que j’essaye de payer. »


PICTURA DE IPSE : Musique directe est en vente à compter de mercredi.