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Le coût de faire des affaires à Québec

Quebec
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

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Parlons de taxes foncières non résidentielles à Québec.  

Mais d’abord, il convient de nous poser la question suivante : est-ce que cela coûte cher de faire des affaires à Québec? 

C’est la question fondamentale lorsque l’on recherche la prospérité et des emplois décemment payés dans une ville. 

La Ville de Québec a voulu mesurer, sur une base factuelle, ce qu’il en est. Pour y répondre, elle s’est adjoint les services d’une firme externe indépendante, KPMG, afin de réaliser une étude comparative des coûts qui sont sensibles à la localisation des entreprises non seulement au Québec, mais ailleurs au Canada. 

Pour ce faire, 15 villes canadiennes, dont les cinq plus grandes villes du Québec, ont été analysées, et ce sous 10 profils d’entreprises différents allant du restaurant familial à l’entreprise technologique. 

Belle position pour Québec

Il en ressort que Québec se positionne très bien. Québec arrive au 1er rang des villes québécoises et au 4e rang des villes canadiennes où il en coûte le moins cher pour établir et exploiter un commerce. Québec présente des coûts d’exploitation sensibles à la localisation plus compétitifs que la moyenne de l’ensemble des villes étudiées. 

Il y a de quoi être très fiers de ces résultats! 

Et c’est important de connaître ces coûts quand on veut attirer des entreprises et des commerces ici, ou pour rassurer ceux qui y existent déjà. Cette étude est un outil incomparable pour la Ville et les organismes de promotion économique du territoire. Il faut savoir être équipé dans la compétition pour attirer les meilleures organisations qui correspondent à nos objectifs économiques et sociaux. 

Taxation

Les taxes maintenant! Il faut savoir que les taxes foncières (municipales) font partie d’un ensemble de charges fiscales imposées aux entreprises (charges liées à la main-d’œuvre, à l’impôt sur le revenu et à l’impôt foncier). À Québec, les taxes foncières représentent en moyenne 5,3 % du total des coûts sensibles à localisation pour tous les profils d’entreprises analysés. 

Comparées à la moyenne des autres grandes villes du Québec, le poids des taxes foncières par rapport au total des coûts sensibles à la localisation est comparable (5,3 % vs 5,1 %). Globalement, pour l’ensemble des coûts sensibles à la localisation, il ne faut cependant pas oublier que Québec demeure la moins chère parmi les grandes villes du Québec. 

Également, toujours sur le plan de la taxation foncière, Québec est en bas de la moyenne canadienne pour les profils d’entreprises suivants : commerces locaux, commerces de tailles moyennes, restaurants familiaux et pubs gastronomiques. En clair, il en coûte moins cher en taxes municipales à Québec que pour la moyenne de l’ensemble du commerce local, soit les commerces les plus utilisés par la population de Québec. 

Une autre statistique intéressante : pour les pubs, les restaurants et les commerces locaux, les taxes foncières correspondent respectivement à 1,7 %, 2,5 % et 3,3 % des coûts totaux sensibles à la localisation, soit une faible part de l’ensemble des coûts. Nous pouvons ici défaire un mythe, car ces chiffres ne correspondent pas au discours ambiant sous-entendant que ces commerces ferment à cause de la facture de taxes municipales trop élevées. 

La Ville partait toutefois de loin. En 2008, les taxes non résidentielles coûtaient cher à Québec. Un coup de barre a été donné par mon administration. Cumulativement, depuis 2008, les taxes non résidentielles ont connu une hausse inférieure à l’augmentation de la création de la richesse (produit intérieur brut). Aussi, toujours depuis 2008, les taxes non résidentielles ont augmenté cumulativement de 9 % de moins à Québec que dans les autres grandes villes du Québec. Tout ça a permis de redevenir plus compétitifs sur ce plan. 

Fierté

Cela dit, il ne faut pas oublier que Québec est une ville patrimoniale, touristique, technologique et sécuritaire qui peut difficilement se comparer, par exemple, avec Winnipeg, Saskatoon ou Hamilton (villes participantes de l’étude KPMG). Et rappelons-le, ces éléments, qui font la fierté de Québec, ont un coût pour une administration municipale. 

Québec est la 2e ville la plus populeuse du Québec et elle doit se comparer à la plus grande ville du Québec, soit Montréal. Québec peut aussi être comparée avec une autre ville qui lui ressemble, une ville gouvernementale, technologique et touristique, soit Ottawa. Sur le plan des comparaisons, Toronto pourrait également être incluse. 

Dans ces trois cas, les taxes foncières y sont beaucoup plus élevées qu’à Québec! Plus particulièrement, la moyenne des charges liées à l’impôt foncier pour les dix profils d’entreprises étudiés est plus élevée qu’à Québec de 34 % à Montréal, de 31 % à Ottawa et de 50 % à Toronto. 

Une ville performante

En matière de coûts de gestion municipale, selon les données des rapports financiers des municipalités provenant du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, parmi les cinq plus grandes villes du Québec, c’est à Québec que les coûts d’administration générale sont les moins élevés. La portion des dépenses consacrée à l’administration générale est de 17 % plus élevée dans les autres grandes villes qu’à Québec. Pour Montréal, la part des coûts d’administration générale est de 41 % plus élevée qu’à Québec. 

En terminant, rappelons que :  

  • Entre 2008 et 2021, la hausse cumulative des taxes résidentielles de Québec est 77 % inférieure à celle des autres grandes villes du Québec;  
  • Il y a moins d’employés à la Ville que lors de notre arrivée, et cela même si les dépenses, et les revenus avant les surplus, ont augmenté de 47 % depuis 2008. La productivité des employés a également augmenté de 64 % depuis ce temps;  
  • Nous payons de plus en plus comptant nos investissements, nous vivons de moins en moins sur la carte de crédit. Le paiement comptant d’immobilisations est passé de 2 M$ en 2007 à 144 M$ en 2020;  
  • La dette nette de la Ville est en baisse depuis cinq ans;  
  • À notre arrivée, il y a 14 ans, Québec était la 3e ville la PLUS endettée des 10 plus grandes villes du Québec. Aujourd’hui, nous sommes devenus la 3e ville la MOINS endettée;  
  • Le prix de revente de la maison unifamiliale moyenne entre janvier et juin 2021 est 68 % plus élevé à Montréal qu’à Québec;  
  • La satisfaction des citoyens à l’égard des services offerts par leur Ville se maintient à 89 % depuis trois trimestres.   

Il s’agit d’un portrait global des plus enviable! 

Mais surtout, il s’agit d’une ville avec un avenir brillant. 

Comme je l’avais promis il y a 14 ans, et au surplus avec le tramway qui s’en vient, Québec deviendra rien de moins que la ville la plus attrayante au pays! 

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