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Le grand patron d’Aldo voudrait pouvoir exiger la vaccination

David Bensadoun demande au gouvernement de lui donner les outils pour le faire

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Photo d’archives, AgenceQMI Le PDG du Groupe Aldo David Bensadoun (ici, en 2019), a profité de son passage à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain hier pour lancer quelques messages à l’endroit du gouvernement, des établissements d’enseignement et de ses clients.

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Le président du Groupe Aldo, David Bensadoun, affirme que le gouvernement de François Legault devrait sérieusement envisager d’aider les entreprises en leur donnant les moyens d’exiger la vaccination de leurs employés.

« Je deviens très frustré [...], a-t-il déclaré hier, questionné sur le sujet. J’aimerais tellement que le gouvernement nous donne le droit d’exiger la double vaccination pour protéger les gens. »

Le patron du géant mondial de la chaussure, actuellement en restructuration, était l’un des invités de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), qui tenait hier une discussion sur l’industrie de la mode. Le fils d’Aldo Bensadoun, fondateur d’Aldo, en aura profité pour lancer quelques flèches au passage.

Impuissant devant la Covid

Actuellement, a-t-il expliqué, 91 % des 849 employés du siège social d’Aldo à Montréal sont vaccinés. Ces informations anonymisées lui viennent d’un coup de sonde mené auprès de son personnel.

« On essaie d’encourager [la vaccination] de façon chaleureuse, de manière instante même... Et je dois dire que je deviens très frustré, a-t-il déclaré, l’air impuissant. Je veux protéger nos gens [employés]. Et je veux qu’ils se sentent comme chez eux lorsqu’ils viennent au bureau. »

Le 7 septembre, Québec a confirmé qu’à compter du 15 octobre, l’ensemble des intervenants de la santé et des services sociaux, en contact ou non avec des patients, devront être « adéquatement vaccinés » contre la Covid-19. M. Bensadoun souhaiterait que le gouvernement offre aux entreprises la liberté d’en faire autant.

Des diplômes sans valeur

Le président d’Aldo a par ailleurs profité de l’occasion pour exprimer son exaspération devant les maisons d’enseignement qui peinent ou tardent à prodiguer une formation adaptée aux besoins du travail d’aujourd’hui.

« Je trouve ça fou qu’en 2021, les universités puissent donner un diplôme à quelqu’un qui n’a jamais suivi de cours en statistique. Parce que c’est cela, la vente au détail, maintenant, de l’analyse et des statistiques. »

Il y a 10 ans encore, M. Bensadoun se souvient de l’embauche de candidats, fraîchement diplômés en sociologie ou en psychologie. Les choses ont changé. « Aujourd’hui, dit-il, je préfère vraiment quelqu’un qui a étudié en biologie ou en chimie, ne serait-ce qu’en raison de sa capacité d’analyse ».

Le portefeuille avant les valeurs

Enfin, le patron d’Aldo, qui se targue d’être carboneutre depuis 2018, a partagé sa déception devant le comportement des consommateurs qui, tout en disant se soucier de l’environnement, continuent d’encourager des entreprises polluantes.

« On voit que les gens magasinent pour le prix, le style... Et l’environnement, ça tombe au 10e, 11e, douzième [rang] de leurs priorités. [...] En général, ils recherchent d’abord un deal [une bonne affaire] ».

« Je suis un peu déçu envers les clients. J’espère que les choses changent. Éventuellement, les gens vont voir qu’il y a de meilleurs choix à faire. »

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