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Voyages de pêche sur le bras pour un maire

Le politicien de L’Île-d’Anticosti est sur la sellette

GEN-ANTICOSTI
Capture d’écran d’archives Le maire John Pineault, ici en 2017, est accusé d’avoir commis plusieurs manquements.

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Le maire de L’Île-d’Anticosti est accusé d’avoir participé à plusieurs voyages de pêche toutes dépenses payées, d’avoir facturé des frais de voyage personnels sur la carte de crédit de la Municipalité et d’avoir favorisé l’octroi d’un contrat à un entrepreneur local.

La Commission municipale du Québec (CMQ) a cité à comparaître le maire John Pineault le 25 août, l’accusant d’avoir commis 10 manquements au code d’éthique de sa municipalité. 

Le chien de garde du monde municipal soutient que l’élu et sa conjointe auraient profité de séjours de pêche à la rivière Jupiter d’une valeur de 1500 $ par année, entre 2017 et 2021, payés par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), qui possède des installations sur l’île.

On reproche aussi au maire d’avoir facturé des frais d’hébergement de 390,32 $ sur la carte de crédit de la Municipalité, à la suite d’un voyage personnel en février 2020. 

Le maire Pineault est également accusé d’avoir utilisé les ressources de la Municipalité de L’Île-d’Anticosti à des fins personnelles et de ne pas avoir respecté le processus décisionnel. 

Par exemple, selon la CMQ, il aurait, à au moins trois reprises, en 2019, fait livrer des matériaux ou des biens destinés à des fins personnelles et les aurait facturés sur le compte de la Municipalité. Il aurait aussi « favorisé abusivement » un entrepreneur local en lui octroyant un contrat de réfection sans respecter les processus contractuels.

Depuis 2019, le maire Pineault aurait également contrevenu à deux résolutions du conseil municipal, notamment en procédant lui-même à l’achat de matériaux et de biens.

Enfin, la CMQ allègue que l’élu aurait utilisé du matériel de la Municipalité pour rénover une maison. Il aurait aussi entamé des procédures pour embaucher du personnel et rénover une église en favorisant abusivement des tiers, toujours selon l’organisme.

Il nie tout

Aucune date de comparution n’est prévue pour le moment. Joint au téléphone, le maire Pineault a nié l’ensemble des allégations à son endroit. 

« C’est quelque chose qui m’a surpris énormément. Les manquements qui me sont reprochés sont totalement faux. J’ai l’intention de me défendre. [...] Je trouve ça curieux qu’on sorte ça juste avant les élections », a indiqué celui qui sera à nouveau candidat à la mairie cet automne.