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En procès 20 ans plus tard pour le meurtre de sa copine

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Le Québécois Stéphane Parent devait subir un procès à la cour provinciale de l’Alberta, en 2002, la veille de la mort de sa copine, qu’il est aujourd’hui accusé d’avoir tuée.

C’est ce qu’a laissé entendre une policière de Calgary mercredi matin, au procès devant jury de l’homme de 53 ans.

La constable Sandra Surbek n’a pas précisé pourquoi Parent devait se présenter devant le tribunal le 13 février 2002, et la défense s’est rapidement opposée à ce que celle-ci en dise davantage.

Plus tôt cette semaine, d’autres témoins avaient aussi affirmé que Parent et sa copine, Adrienne McColl, s’étaient rendus au palais de justice ce jour-là.


CALGARY | Un homme de Gatineau accusé d’avoir étranglé et battu à mort sa copine en Alberta le soir de la Saint-Valentin il y a près de 20 ans, avant de sauter dans un avion, subit actuellement son procès devant jury. 

• À lire aussi: Un Gatinois arrêté pour un meurtre commis il y a 16 ans à Calgary

Stéphane Parent est soupçonné du meurtre non prémédité d’Adrienne McColl, sa conjointe de l’époque âgée de 21 ans. 

Le crime aurait été commis sur fond de jalousie et de multiples problèmes financiers, a-t-on pu apprendre depuis l’ouverture du procès ce lundi dans la plus grande ville albertaine.  

Selon l’acte d’accusation, l’homme aujourd’hui âgé de 53 ans aurait commis l’irréparable le soir de la Saint-Valentin, en février 2002, à Calgary.  

Avant même le lever du soleil le lendemain, Parent prenait un vol aller simple en direction d’Ottawa. Il s’y serait loué une chambre d’hôtel, payée comptant.  

Pendant les prochaines semaines, notre Bureau d’enquête vous dévoilera les détails entourant cet homicide.  

Photo courtoisie

Fréquentes disputes 

Le couple s’est rencontré au bar sportif Studio 82, au tournant de l’an 2000.  

L’établissement appartenait au beau-père d’Adrienne McColl, John McGee, et elle y œuvrait comme serveuse.  

Parent y a été embauché par la suite comme gérant. 

Leur relation semble avoir débuté sur de bonnes bases: les tourtereaux ont fait l’achat d’un condo et la jeune femme est tombée enceinte l’année suivante. 

Mais l’ambiance a fini par tourner au vinaigre, a affirmé dans sa déclaration d’ouverture Me Shane Parker, qui officie pour la Couronne avec Me Matt Dalidowicz.          

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McColl et Parent se chicanaient fréquemment, surtout au travail, sont venus ajouter plusieurs collègues du couple témoignant devant le jury de neuf hommes et quatre femmes, au palais de justice de Calgary.  

Une fois, Parent, qui a été décrit comme étant en bonne forme physique et très musclé, aurait même pris sa copine à la gorge lors d’une engueulade. Un geste qui aurait laissé des bleus à la jolie blondinette de 12 ans sa cadette. 

McColl et Parent ont ensuite quitté leurs emplois au Studio 82, ce qui leur aurait occasionné d’importants problèmes financiers. 

Selon ce qui a été relaté au jury, ils ont d’abord perdu le beau condo où ils vivaient et ont dû se résoudre à habiter une vieille maison louée. Puis, la jeune femme a accouché d’un bébé mort-né. 

Les tensions auraient continué de s’amplifier au point où Adrienne McColl est retournée vivre chez son beau-père. 

Comme ce dernier avait des règles très strictes, Parent n’était pas le bienvenu dans la maison de ville de l’homme d’affaires. Son seul toit était alors... sa voiture. 

Absent des funérailles

Le couple aurait toutefois continué de se voir en secret, ont raconté des proches de la jeune femme devant la juge Charlene S. Anderson. 

Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs parlé à Adrienne McColl la veille de sa mort. Puis, ce fut le silence radio. La jeune femme ne s’est pas présentée à son nouveau travail le soir de la Saint-Valentin ni à un rendez-vous avec une amie par la suite.  

Son corps a été découvert trois jours plus tard, par le propriétaire d’un ranch de Nanton, à moins d’une heure au sud de Calgary. 

Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles d’Adrienne McColl, mais tous ont remarqué une absence notoire: celle de Stéphane Parent. 

L’enquête menée par l’unité des crimes majeurs de la Gendarmerie Royale du Canada a finalement permis l’arrestation du Québécois, trahi par son ADN, des années plus tard.