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Le transport en commun bientôt gratuit à Saint-Jérôme

La mairesse de Saint-Jérôme depuis avril dernier, Janice Bélair-Rolland.
Photo d'archives La mairesse de Saint-Jérôme depuis avril dernier, Janice Bélair-Rolland.

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La Ville de Saint-Jérôme veut rendre le transport en commun gratuit sur son territoire pour tous les usagers dès le 1er octobre, a appris Le Journal.

«On est dans les Laurentides, on ne pourra pas éliminer [le recours à] la voiture complètement, mais on peut trouver des solutions de rechange», soutient la mairesse de Saint-Jérôme, Janice Bélair-Rolland. 

La gratuité des six lignes d’autobus locales, des taxis collectifs et du transport adapté pour une durée d’un an devrait être officialisée par le conseil municipal le 21 septembre prochain.  

La mesure s’appliquera autant aux citoyens qu’aux visiteurs de passage.  

Saint-Jérôme imite ainsi des municipalités québécoises plus petites qui ont aussi aboli les frais de transport en commun dans les dernières années, comme Candiac, Sainte-Julie et Chambly.  

Mais, dans cette ville de 75 000 habitants où la voiture est reine, Mme Bélair-Rolland n’hésite pas à qualifier cette décision «d’historique». 

«Nos autobus sont plutôt déserts présentement, alors on veut changer les habitudes de déplacement», affirme-t-elle sans détour. 

Moins de 4% des Jérômiens utilisaient le transport en commun pour aller travailler en 2016, alors que la moyenne provinciale était de 14%, selon les données du recensement.  

Et ces statistiques sont antérieures à la pandémie, qui a fait chuter la fréquentation des transports en commun.  

Environnement et trafic

La mairesse espère que la gratuité convaincra au moins 16% des citoyens de prendre l’autobus plus souvent d’ici 2030. 

Car en plus de diminuer l’émission de gaz à effet de serre, l’utilisation du transport collectif permet de réduire le nombre de véhicules sur les routes... et la congestion devenue monnaie courante à Saint-Jérôme, souligne-t-elle.

Sans compter que les citoyens à faible revenu n’auront plus à se préoccuper du prix de leurs déplacements aux quatre coins de la ville. 

La gratuité du transport en commun a néanmoins un coût: 997 000 $ pour la première année. 

Janice Bélair-Rolland, qui tente de se faire réélire aux prochaines élections municipales, promet que ce montant ne sera pas pour autant synonyme de hausse de taxes.

Cette dernière souligne d’ailleurs l’apport des conseils municipaux successifs, qui envisagent de rendre le transport collectif gratuit à Saint-Jérôme depuis 2015.

Le projet a finalement pu se concrétiser cet automne, grâce à une entente récemment conclue avec l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

Un bémol

Le professeur en études urbaines et touristiques Ugo Lachapelle prévient cependant que retirer toute forme de tarification soulève d’autres enjeux à moyen terme. 

«Ça peut paraître alléchant et fort bien intentionné, mais ça laisse le financement du transport en commun vulnérable aux aléas politiques. Un changement à la mairie peut avoir comme conséquence un brusque retour de la tarification, ce qui déstabiliserait le budget de certains utilisateurs», a-t-il écrit au Journal.

Dans les scénarios les plus pessimistes, la Ville pourrait graduellement réduire le financement du transport collectif et laisser le service se dégrader.

Plutôt que la gratuité, le spécialiste propose par exemple de récompenser les usagers les plus fréquents ou d'ajuster les tarifs en fonction des capacités de payer grâce à la technologie des cartes à puce.