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Les Ultras devenus des hooligans?

Nashville SC vs CF Montréal
Photo d’archives, Martin Chevalier La section 132 des Ultras était fermée, samedi, au Stade Saputo.

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Le conflit entre les Ultras et les dirigeants du CF Montréal a pris une ampleur qui déborde largement le sport. En fait, il y a tellement eu de menaces sur les réseaux sociaux que certains responsables de l’équipe ont embauché des gardes pour protéger leur demeure. 

Essayez d’imaginer une section complète du Centre Bell recouverte d’une toile rouge pour interdire à un groupe de détenteurs d’abonnements de saison de s’y installer. Faites juste essayer. 

Vous allez me dire que Horacio Arruda et Richard Massé ont réussi l’exploit avec deux doigts dans le nez, mais on comprendra que la COVID était plus dangereuse que les Ultras au Stade Saputo.

Je me suis dit que la situation avec le CF Montréal devait être 10 fois pire que ce qu’on a pu laisser filtrer dans les médias.

C’est 10 fois pire. En fait, c’est 11 fois pire.

Une sortie familiale

En fait, les Ultras détenaient 157 abonnements de saison. L’équipe a racheté ces abonnements. Les autres 125 ou 130 clients de la section 132 ont été relocalisés.

On ne se prive pas de 157 abonnements achetés par des passionnés purs et durs sans réfléchir. Mais une certaine brutalité envers des enfants qui osaient porter la nouvelle casquette du CF Montréal, des actes de vandalisme, des pièces pyrotechniques lancées sur le terrain et d’autres gestes inappropriés dans un stade où on reçoit des familles ont poussé l’organisation dans ses derniers retranchements.

Il y avait déjà eu des sanctions contre des écervelés des Ultras depuis 2015, mais le changement de nom de l’Impact a fait sauter les plombs de certaines têtes chaudes. La situation était devenue ingérable. Un meeting de trois heures entre certains Ultras et les grands patrons du CF Montréal n’a rien donné. Les sujets de discussion n’ont jamais débordé du changement de nom. En fait, on a compris qu’il faudrait retourner en arrière et rebaptiser l’équipe pour avoir une certaine paix. Il n’en était pas question.

Une épine dans le pied

Quand on écoute ses préjugés, on aurait tendance à prendre parti pour les fans contre la « méchante » organisation. Mais si on se demande combien de temps le Canadien aurait enduré les extravagances des Ultras, on connaît la réponse. Une période et encore...

Les Ultras ne sont pas l’exclusivité de Montréal. Ils sévissent un peu partout en Europe, en Amérique du Sud et même dans d’autres villes de la MLS.

Il existe majoritairement deux modèles de fanatisme extrême en soccer : le modèle anglais que sont les hooligans et le modèle italien qu’est l’Ultra. 

On le sait, les bandes de hooligans sont informelles, ne réalisent pas d’animation organisée et trouvent leur plaisir dans le vandalisme et les bagarres avec les fans des bandes rivales et les policiers. Ils sont craints comme la peste et ont longtemps été interdits de séjour en Europe. Ils ont quelques morts à leur « actif ».

Les Ultras ne cherchent pas la violence et sont moins hiérarchisés. Ils jouent du tambour, ils chantent et crient et en viennent à se donner un rôle actif dans le jeu même de leur équipe. À Montréal, depuis quelques années, ils ont des exigences vis-à-vis la direction et sont devenus, sans qu’on n’ose le dire, une épine dans le pied. C’est plus élégant qu’être a pain in the ass.

Le club à cœur

Je partage avec les Ultras la nostalgie du nom « Impact » et du bel écusson avec la fleur de lys. À ce jour, je ne comprends pas la décision de bannir nom et emblème pour mettre strictement Montréal en évidence. Alors que le public de l’équipe doit inclure tout le Québec. L’audience à la télé vient de Chicoutimi, de Québec, de Baie-Comeau et de Rimouski. Pas certain qu’elle a envie de se faire enfoncer Montréal dans la gorge.

Mais il y a moyen d’en discuter sans violence et sans grossièreté. Ce ne sera plus évident de trouver un terrain d’entente avec ces passionnés. Heureusement, ceux qui ont formé le club 1642 et qui font sonner la grosse cloche continuent à animer le stade.

Depuis 2012, l’Impact et ensuite le CF Montréal ont imposé des sanctions à 49 reprises à des Ultras. À un moment donné, ça ne sert à rien de taper les doigts quand le sanctionné pose les mêmes gestes le match d’après. 

On voulait que le Stade Saputo soit joyeux et accueillant. Le président Kevin Gilmore et son équipe cherchent la solution parfaite. 

Chose certaine, la toile de la section 132 doit être enlevée le plus vite possible. C’est comme un œil au beurre noir pour le soccer.

Sois Bell ou tais-toi  

Dominique Ducharme a donné sa première entrevue de la nouvelle saison. Pas à Pierre Houde ni à Renaud Lavoie, encore moins à Jean-Charles Lajoie ou à Marc de Foy. 

Il est resté dans la famille, et c’est à Julie Snyder, reine de Noovo, joyau à polir de Bell, qu’il est allé faire son beau.

Vous avez compris que Noovo et RDS sont la propriété de Bell et que Bell est copropriétaire du Canadien. 

L’entrevue semblait stagée et les scénaristes de Julie ont permis au coach de « briller » dans une de ses réponses. Ça concernait Star Académie, que Julie a animé à TVA dans une autre vie.

Au tour de Drouin

Jonathan Drouin va donner une entrevue avant le camp d’entraînement. À Chantal Machabée, reine de RDS, propriété de Bell. Toujours à quelqu’un de la famille.

Tous les médias ont été hyper respectueux à l’endroit de Drouin et du Canadien. 

Les rumeurs les plus folles qui circulaient n’ont jamais été propagées ou reprises par les organismes de presse. 

En retour, est-on respectueux envers ceux qui l’ont été ?