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Un ruisseau à Montréal sème la controverse

Louise Legault
Photo Chantal Poirier Porte-parole des Amis du parc Meadowbrook, Louise Legault

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Des citoyens déplorent que les travaux de décontamination assèchent définitivement un des derniers ruisseaux de Montréal huit mois après un jugement forçant la ville à le dépolluer.

« Montréal va tuer le ruisseau Meadowbrook », lance Louise Legault, porte-parole des Amis du parc Meadowbrook, situé à Côte-Saint-Luc.

Louise Legault
Photo Chantal Poirier

 Elle fait valoir qu’il faut absolument protéger ce ruisseau qui traverse le golf du même nom, car il est le dernier vestige de la rivière Saint-Pierre. Celle-ci drainait les eaux de l’île de Montréal jusqu’au fleuve Saint-Laurent à Pointe-à-Callières. Jadis, l’île de Montréal comptait une trentaine de ruisseaux.

La Ville admet qu’au terme des travaux de 1,5 million de dollars qui débuteront en novembre, le débit d’écoulement des eaux du bassin versant de 57 hectares sera réduit de 96 %. Le ruisseau ne sera plus alimenté que par la pluie et la fonte des neiges.

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Contamination

Jusqu’à maintenant, c’est la canalisation des eaux de pluie qui permettait au cours d’eau de couler jusqu’à la fin de l’été. Mais la contamination de cette eau par les égouts des résidences en amont lui donnait une odeur nauséabonde. C’est la raison pour laquelle la Ville de Montréal a dû modifier les canalisations. 

En plus d’assécher le bassin versant, les travaux auront un impact sur la faune et la flore. On prévoit notamment la capture et la relocalisation de la couleuvre brune, une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable.

La Ville de Montréal défend sa position en mentionnant qu’elle devait respecter la décision de la Cour, rendue en janvier 2021, de « cesser tout déversement dans le ruisseau », affirme la porte-parole Karla Duval. Les travaux permettront de « décontaminer le ruisseau et ainsi réduire le nombre de contaminants présents dans le bassin de drainage Saint-Pierre ».

Déplacer le problème

« La Ville ne règle pas le problème ; elle le déplace », lance le président de la Fondation Rivières, Alain Saladzius, pour qui la Ville « gaspille les fonds publics ».  

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Le détournement des eaux de pluie serait la plus mauvaise solution, car la contamination des égouts va continuer et le ruisseau va disparaître. 

À son avis, il faut s’attaquer à la contamination des conduites d’eau pluviale avec les égouts, que les ingénieurs appellent les « raccordements inversés ». C’est un problème qui touche des centaines de municipalités au Québec.  

Il faut comprendre que les égouts sont décontaminés dans des usines de traitement d’eau avant d’être rejetés dans l’environnement, ce qui n’est pas le cas des eaux pluviales. Il y a raccordements inversés quand les eaux usées sont mélangées aux eaux de pluie.

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