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Le ministre Lametti se trompe d'adresse

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Je suis ulcéré lorsque des fédéralistes affirment sans rire, comme le ministre libéral David Lametti, que les Québécois doivent se réconcilier avec les Autochtones.

Pendant deux siècles, les fils de la Nouvelle-France ont pu tenir presque toute l’Amérique du Nord essentiellement grâce aux alliances avec pratiquement toutes les nations autochtones.

Ce n’est pas sans raison si les historiens anglo-américains appellent la guerre de Sept Ans dans sa portion nord-américaine la « Franco-Indian War ».

Français et Amérindiens faisaient bloc ! 

Vaste alliance

Cette alliance franco-amérindienne à grande échelle a mené à la Grande Paix de Montréal où des nations de tout le continent ont signé une vaste alliance en 1701.

Aussitôt qu’on avait établi un comptoir de traite aux confins de l’Ouest, une nation voisine se présentait et demandait : « Et nous, alors ? Nous ne valons pas la peine qu’on traite avec nous ? »

La Nouvelle-France s’est donc retrouvée dans l’obligation de constamment s’agrandir même avec très peu d’hommes... grâce à ses bonnes relations. 

Brutalité anglaise

Le modèle anglais fut dès le départ très différent : un développement à l’européenne avec tassement graduel et souvent violent des populations autochtones.

Après la Conquête de 1760, notre allié algonquin Pontiac a levé une armée de 50 000 hommes pour retourner sous le giron du roi de France !

Le général Amherst préconise alors la distribution de couvertures contaminées pour décimer les ennemis.

Plus tard, John A. Macdonald a fait pendre le Métis Louis Riel, imposé le système des réserves et créé les pensionnats autochtones... en forçant les communautés religieuses établies là-bas à passer à l’anglais.

Notre principal tort vis-à-vis des nations autochtones de l’Amérique est d’avoir perdu ladite Franco-Indian War. M. Lametti se trompe donc d’adresse avec ses appels à la réconciliation. Historiquement, nous avons la conscience tranquille !